Indisciplinarité

Catégorie : très brèves

Données

Je me disais (en me mouchant) que le terme de « données » est un peu fourbe, voici un jet interrogatif.

Les données: une façon fallacieuse pour minorer la dimension signifiante des éléments descriptifs extraits; La dimension signifiante se retrouve dans sa quantité (comme pour nous laisser croire que ses données, dans leur nombre, sont anonymes comme un individu le serait idéalement dans une foule), et non pas dans la qualité intrinsèque de chaque élément, de chaque trace d’expérience constituant un prédicat ou un élément effectif d’un agencement individuel. Le terme d’information, lui, semble un peu plus pertinent dans le sens ou il admet une dimension signifiante implicite ou floue, et davantage la notion de renseignement, car il est utilisé à des fins particulières pour des intérêts très localisés; Le terme de renseignement n’a pas d’ailleurs le faix d’une historicité scientifique comme c’est le cas pour l’information qui à une théorie insistant sur la dimension qualitative et non-signifiante de ses objets.

« Renseignement » permet à la fois de ne pas oublier que les données ne sont pas seulement des données; mais des données archivés dans perspective signifiante, et donc donnante. Cela permet aussi de souligner que nous sommes aussi impliqués, au moins tacitement, dans ce don d’archives personnelles qui éduquent les intelligences qui les captent et qui leur attribuent une valeur signifiante tout en affinant cette dernière. Nous délivrons des renseignements.

Dans ce contexte contemporain, les termes « data » ou « données » laissent entendre une dimension de neutralité idéologique (comme idéalement scientifique ou rationnel car considéré comme des éléments objectifs dans la manipulation technique de ces dernières avec des outils mathématiques) alors qu’elle est véritablement d’un plan d’action politique de captation et de transformation des désirs individuels dans une perspective philosophique et économique particulière. Le terme « données » élude la notion d’individuel donnant quelque chose, du sujet émettant des signaux ou des grammes signifiants; Dans « données » on pourrait presque y voir une pudeur coupable qui peine à dire ou cache l’existence et la légitimité de ses géniteurs: les archivistes malgré eux. Les données ne sont pas données, comme on assignerait une telle valeur pour telle variable dans un énoncé mathématique; elles sont prises et continuent à être prises. Elles sont le fruit de la contingence, de l’expérience humaine, pas un objet proprement immanent d’un ordre magique, du « ça-a-été » ou du « c’est ». Elles sont et s’affinent; Elles appartiennent plus au présent et au devenir qu’au passé.

(Ref pour « archiviste malgré nous »: Yuk Hui: manifeste, pour un nouvel archiviste)

Cet article a été publié le 24 septembre 2017.

Notes à propos d’une « indiscipline »

Notes à propos d’une «  indiscipline  »

En vue de rédiger un «  proto-manifeste  » comme support méthodologique de travail. La nécessité d’un récit contre-hégémonique justifie une pratique théorique et artistique : l’indisciplinarité.

Pratique théorique →
• Portant sur les processus de digitalisation/discrétisation  : de grammatisation.
Implique les questions liées au langage, aux systèmes généraux abstraits de signes et de relations  : la logique, l’épistémologie.
Balises  : (Derrida, Wittgenstein, Saussure, Hayles, Marconi, Fauré/Stiegler, Hempel…)

• Ancrée dans une tradition de la philosophie des sciences et techniques (engendrement des idéologies par l’histoire des sciences, intégrer la technique et sa pointe technologique dans les questions politiques/sociales/philosophiques).
• Étude de l’algorithmique, de la notion de continuité/discontinuité, nature des nombres et autres «  principia mathematicae  »…

Balises  : Ernst Mach, Bertran Russel, Cercle de Vienne, philosophie et histoire de l’algèbre/analyse, etc.), Badiou, Cantor, Simondon, G.Chatelet, etc.

• Littérature/Imaginaire, constitution d’idéologies et de régimes politiques. Formation d’une stratégie politique viable ?

Pratique artistique →
• intégrant ces formes théoriques dans le champ esthétique: incorporer du symbolique par le biais d’une mise en poésie  ; par le geste didactique, par les objets didactiques (technologiques, machine ultime), la musique et la scénographie  : tendre vers la totalité en laissant un espace d’interprétation, voire de destruction des objets proposés.
Balises  : Brecht, Situationnisme, Futurisme, Dada, porno-lettrisme, image-relation, algorithmique mou, pung  !!!, épidémie de 1518, ouvrage illustrés scientifiques (illustration « moderne » des années 70), livres « interactifs » (Urbi) ,  etc.

Cet article a été publié le 18 novembre 2016.

Quelques images mathématiques

Illustrons le symbole Sigma… Je le trouve très joli, ce signe.

Sigma

La somme d’une suite arithmétique (1 + 2 + 3 + 4 + 5 … jusqu’au nombre n qui vaut 10 par exemple) ça peut s’écrire comme ça :

sigma

Mais il y a le symbole eba63aafcecd3b92bd8ac4cd7dc0bca8 (dites « sigma »), qui permet aussi d’illustrer la somme d’une suite :

sigma02 Donc …

sigma03

Illustration en code :

int somme = 0;
int n = 10;
 
for (int i = 0; i <= n; i++) {
  somme += i;
  println(somme);
}

Ce qui vaut 55. Les indices des termes de la suite sont en orange (n en maths, i avec la boucle), et la somme de chacun des termes de l’itération en cours correspond à une colonne de cercles. La dernière colonne, tout à droite est le résultat.

746

Graphiquement, cela nous fait une espèce de triangle rectangle orange et blanc, et c’est très enthousiasmant. Si on regarde n, ça fait un petit triangle rectangle orange.

Calculer une somme d’une suite arithmétique de tête ou à la main

Pour calculer la somme d’une suite à la main, il existe cette fameuse formule :

sigma04
Pour n = 10, ça fait donc 10(10+1)/2 = 110 / 2 = 55. C’est juste. Voici comment ou pourrait illustrer la chose :

Visuellement, n(n+1), ça revient à faire un rectangle avec le symétrique du triangle formés par les termes (on empile 1, puis 2, puis 3, puis 4, etc… Regardez le triangle rectangle orange dans l’image précédente). En faisant cela, on double le résultat, d’où la division par deux. Pour n = 10, notre rectangle fait 11 x 10. Évidemment, il est plus commode et rapide de visualiser ça dans sa caboche que de dessiner l’affaire… Imaginez si on monte jusqu’à cent-mille…

sigmaz

Toujours pas clair? On fait un rectangle avec la symétrie du triangle rectangle orange. Bien. Ça revient à additionner le plus grand nombre avec le plus petit nombre, l’avant dernier plus grand nombre avec le deuxième plus petit nombre… etc. De sorte qu’on additionne i avec n, i + 1 avec n – 1, i + 2 avec n – 2, etc, cette suite de calculs symétriques feront toujours n + 1.
1 + 10 = 11, 2 + 9 = 11, 3 + 8 = 11, etc. On remarque qu’on peut donc faire n fois n + 1 pour tout calculer d’un coup… Il ne nous restera plus qu’à diviser le bazar par deux.

Cet article a été publié le 26 janvier 2016.

Processing : Exporter des images vectorielles

Parfois, nous aimerions importer en bonne qualité nos images générées par Processing dans InDesign ou Illustrator. Voici un tutorché qui explique comment faire pour exporter nos créations au format vectoriel .svg.

Exporter en .svg

Avec Processing 3, nous pouvons exporter des images vectorielles au format .svg par le biais de la bibliothèque… « SVG Export », installé par défaut. Bingo. Elle s’utilise comme la bibliothèque « PDF Export », bibliothèque qui elle, est un peu mieux documentée, si jamais vous êtes en manque d’informations. Nous pourrons ainsi générer des images sous Processing, sans se soucier de la définition de nos images. Voyez plutôt :

import processing.svg.*;
 
size(600, 600);
 
beginRecord(SVG, "dessinVectoriel.svg");
background(11, 10, 93);
noStroke();
fill(188, 42, 100);
ellipse(300, 300, 50, 50);
endRecord();

Normalement dans votre dossier projet, vous avez votre fameux fichier !

Importer son image vectorielle dans inDesign

Sauf erreur de ma part, InDesign (j’ai essayé sur un CS6) n’est pas capable d’importer du .svg. Honte à lui! Tss, tss. Mais il y a une solution. On va importer le .svg dans Illustrator (ou éventuellement InkScape), on sélectionne tout (cmd + a ou ctrl + a), copier notre image, puis la coller dans notre logiciel de PAO favori (il faut quand même bien l’avouer…). Et maintenant nous avons une image que nous pouvons agrandir, étirer… Comme toute forme vectorielle qui se respecte dans inDesign, ou pourra même modifier les couleurs si on le souhaite.

Capture d’écran 2016-01-17 à 13.34.14

Waouh, aucune baisse de qualité. Si l’image de droite vous parait légèrement floue, c’est juste parce que ma valeur de zoom sur InDesign est impaire. Si on re-zoom, ça disparait 😉

N’ayons plus peur d’imprimer !

Cet article a été publié le 17 janvier 2016.

Interpolation linéaire et pastis

Plutôt que des articles plus complets (ou en tout cas plus longs), je pense que je vais multiplier la rédaction de billets brefs (quitte à entrer dans l’insignifiance)… comme celui-ci.

Interpolation linéaire

En consultant des programmes basiques en GLSL (histoire de comprendre un peu comment ça marche) je suis tombé sur une fonction nommée mix() que je ne comprenais pas. En consultant la documentation, je suis tombé sur l’explication suivante: interpolation linéaire entre deux valeurs. Bon, je ne savais pas ce qu’était une interpolation linéaire (les mathématiciens doivent bien rigoler), et, à l’oreille, ça ne semblait pas trop compliqué jusqu’à ce que je tombe sur la page wikipédia:

Capture d’écran 2015-11-08 à 12.44.08

N’ayant pas fait de maths, je me suis senti premièrement un peu con, et deuxièmement incapable d’en tirer des conclusions simples. Mais grâce à Monsieur Romain François Peltier, tout s’est tranquillement éclairci.

Capture d’écran 2015-11-08 à 17.59.55

Le point « G » (hum allez les enfants on arrête de rire) est en fait un « curseur de dosage ».

mondessin-1
(NB: il y a une petite erreur sur le dessin, « fort » et « léger » sont inversés.)

En fait, une interpolation linéaire est un mélange (ah oui d’accord, fonction « mix() ») qu’on pourrait s’exprimer ainsi:

float doublePastis = mix(eau, pastis, 1/3);

Ce pastis est sacrément bien dosé.
Allez. C’est tout. En fait c’était simple.

Cet article a été publié le 8 novembre 2015.