Balzac écrit dans un de ses traités politiques : « Tout est forme, et la vie même est une forme. » Non seulement toute activité se laisse discerner et définir dans la mesure où elle prend forme, où elle inscrit sa courbe dans l’espace et le temps, mais encore la vie agit essentiellement comme créatrice de formes. La vie est forme, et la forme est le mode de la vie. Les rapports qui unissent les formes entre elles dans la nature ne sauraient être pure contingence, et ce que nous appelons la vie naturelle s’évalue comme un rapport nécessaire entre les formes sans lesquelles elle ne serait pas. De même pour l’art. Les relations formelles dans une œuvre et entre les œuvres constituent un ordre, une métaphore de l’univers

 

La nature elle aussi crée des formes, elle imprime dans les objets dont elle
est faite et aux forces dont elle les anime des figures et des symétries, si bien
que l’on s’est complu quelquefois à voir en elle l’œuvre d’un Dieu artiste,
d’un Hermès caché, inventeur des combinaisons. Les ondes les plus ténues et
les plus rapides ont une forme. La vie organique dessine des spires, des orbes,
des méandres, des étoiles. Si je veux l’étudier, c’est par la forme et par le
nombre que je la saisis. Mais du jour où ces figures interviennent dans l’espa-
ce de l’art et dans ses matières propres, elles acquièrent une valeur nouvelle,
elles engendrent des systèmes complètement inédits