Indisciplinarité

Pratique indisciplinaire

La naissance d’une pratique indisciplinaire. Née de mes expérimentations autour de l’image saisie, ou « qui peut voir », les gestes [d’un public au sein d’un dispositif technique] discernés par un système computationnel a induit le rattachement de la matière algorithmique à l’espace poétique m’ayant alors impliqué dans les questions de relation entre culture et technique. Voici quelques perspectives faisant suite à mes bidouilles, qui tentent d’élargir le cadre théorique initial axée principalement sur l’image-relation à celui de l’étude de « systèmes » abstraits. C’est d’ailleurs pour cela que le blog, initialement baptisé « vidéo-interactivité », est renommé « indisciplinarité ».

« La plus forte cause d’aliénation dans le monde contemporain réside dans la méconnaissance de la machine, qui n’est pas une aliénation causée par la machine, mais par la non-connaissance de sa nature et de son essence, par son absence du monde des significations, et par son omission dans la table des valeurs et des concepts faisant partie de la culture ».1

Image-relation

Lorsque j’étais aux Beaux-Arts ces quatre dernières années, dans la ville d’Épinal, mon travail s’articulait autour des questions de la relation de la culture à la technique par le biais spécifique des technologies numériques : il était question d’ « image-relation2 ». En quelques mots, l’ « image-relation » dans mon cas consistait à créer des dispositifs interactifs intégrant le spectateur dans le processus du déroulement de l’image, dans mon cas le plus souvent projetée. Les faits et gestes du spectateur pouvait modifier le comportement de l’image, considérée alors comme entité intelligente douée de « sensations » (Dans mon cas il s’agissait surtout de réaliser de la « stupidité artificielle »).

Si je parle d’image-relation plutôt que « d’installations vidéo-interactives », c’est surtout pour mettre en avant la dimension dramaturgique de la relation entre un public et une machine. L’aspect technique (l’intégration de l’ordinateur au sein de dispositifs) est à la fois sujet et objet et il devient corps poétique, plutôt qu’exclusivement entité technique (comme un ordinateur qu’on utiliserait pour ne faire que des calculs). Ainsi, le flux de code sur lequel repose la production devient matériau poétique, il fait partie du système qui fait l’ « œuvre »; Il y a intégration du code au sein du domaine des significations. Le code est considéré comme système discursif au même titre que la parole ou l’écriture.3

Toutes les questions soulevées par ces expérimentations m’ont emmené vers des questions autour de la discrétisation du « réel » du domaine gestuel, de l’écriture et de la parole. Dans un premier temps par un biais purement matériel et très spécifique avec l’informatique, puis dans un second temps, plus abstrait, celui de la critique d’un régime de la computation, d’un monde du tout-calculé, de l’information, des données ; quelles sont les implications qu’opèrent ses structures numériques sur notre perception du monde et quelle est la nature des nombres qui modélisent, réinterprètent le monde « continu » ? Bref, quels sont les enjeux de la grammatisation ? Quels sont les modèles mathématiques qui permettent de faire le lien entre les différents systèmes discursifs ?

La grammatisation est un processus de description, de formalisation et de discrétisation des comportements humains (voix et gestes) qui permet leur reproductibilité. Grammatiser, c’est isoler des grammes et des graphes (éléments constitutifs en nombre finis formant un système). Grammatiser c’est donc discrétiser un signal et de ce fait pouvoir le reproduire. Par exemple, je peux discrétiser la langue avec une trentaine de signes diacritiques : les lettres de l’alphabet. L’alphabet permet de retranscrire n’importe quelle langue du monde dont il accomplit la discrétisation littérale. Le concept de grammatisation permet de définir des époques et des techniques qui apparaissent et qui ne disparaissent jamais (en aucun cas l’informatique ne fait disparaître la lecture et l’écriture, c’est au contraire une archi-lecture qui change les conditions de la lecture et de l’écriture).4

Hégémonie du discret

« Des inquiétudes sont susceptibles de naître si les opérations de la machine sont à ce point rendues obscures que ses utilisateurs perdent de vue ou ignorent le fonctionnellement réel des logiciels, se trouvant alors à la merci d’entreprises prédatrices comme Microsoft.

[…] Les ordinateurs ont cessé d’être de simples outils, pour autant qu’ils l’aient été. Ce sont des systèmes complexes qui, de plus en plus, produisent les conditions, les idéologies, les hypothèses et les pratiques qui nous aident à construire ce que nous appelons la réalité. » 5

Il existe un espace discret ou des données affluent à un rythme formidable: c’est un lieu qui co-existe à notre monde continu scanné, échantillonné, rangé par les algorithmes. Cet espace discret est la proie des entreprises hégémoniques comme Google ou Facebook monopolisant ces données à des fins commerciales, ou de surveillance parfaisant ainsi un capitalisme dès plus féroces. Cet espace discret, est aussi celui de nos désirs fixés et influencés par des intelligence artificielles, ces succubes nourries à pelletées de données personnelles.

« Une intelligence qui, à un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent —si d’ailleurs elle était suffisamment vaste pour soumettre ces données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers et ceux du plus léger atome; rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. »6

Pierre Simon Laplace écrivait cela en 1840, avec un certain enthousiasme, du temps ou la science et le progrès étaient gonflés d’optimisme; Aujourd’hui, avec le transit quasi-instantané de l’information et de son traitement par des algorithmes propriétaires d’intelligence artificielle, il est cocasse de ré-interpréter cette citation…

Mais il ne s’agit pas de refuser sauvagement le numérique et ses objets, qu’ils soient matériels (tablettes, ordinateurs, data-centers, objets connectés…) ou conceptuels (machine de Turing, théorie de l’information de Shannon), car le numérique est un poison autant qu’un moyen d’émancipation. Pour le considérer plutôt comme moyen émancipation, il ne faut plus le considérer uniquement comme système discursif technique, mais le considérer comme un ensemble de signes et de symboles, de sorte qu’il investisse le champ esthétique. La relation discret/continu droit s’expliciter dans un cadre didactique ; que le nombre se distancie de la machine et s’incarne dans le geste et dans la parole. La machine ultime7 de Claude Shannon est un bel exemple…

Didactique

Ces questions autour du langage et de ses structures logiques ont été abordés par de nombreux mathématiciens (Turing, Shannon…), et notamment ceux du collectif philosophique du Cercle de Vienne avec leur conception scientifique du monde, inspiré par un Wittgenstein poète, philosophe et logicien. Ce sont des sujets qu’ils ont développés et qui irriguent aujourd’hui mes réflexions sur une discipline transdisciplinaire, voulant coupler philosophie et histoire des sciences, philosophie des techniques, pratique scientifique effective et les arts visuels ou vivants ; Bertold Brecht parlait d’un théâtre qui considère le temps présent comme moment historique, incluant les combats politiques mais aussi les sciences dans un récit ouvert et émancipateur (décidément, les intellectuels progressistes autrichiens du XXeme siècle était bien décidés à établir des ponts entre les domaines !). Ici, je suppose qu’il faut composer une esthétique, dans le sens ou il permet un état d’éveil, avec les arts, les sciences et les techniques.

Les mathématiques sont aussi un langage ; un langage qui recouvre et peut décrire toutes les relations entre les éléments d’un ensemble. C’est sa nature œcuménique, abstraite qui m’ont fait bifurquer de l’art aux mathématiques. Cette cloison entre arts et mathématiques est par ailleurs bien relative : Pythagore et ses gammes, Kepler et son Harmonie, Ernst et ses mouches non-euclidiennes, Eva Molnar et ses carrés assujettis à 1% de chaos, Alain Badiou et ses catégories, etc…

Ce qui est cocasse, c’est que le point de départ de mon travail aux Beaux-Arts et tout ce qui s’en suivi fut une petite phrase dans un livre de vulgarisation sur les fonctions (« Le discret et le continu » de Norbert Verdier) concernent l’engendrement du discret et du continu par l’un ou par l’autre.

1 – G.Simondon, « Du mode d’existence des objets techniques »

2 – Jean Louis Boissier, « La relation comme forme »

3 – Emmanuel Quinz, Katerine Hayles « Parole, Écriture, Code »

4 – Chistian Faure, « Les enjeux de la grammatisation des relations », http://www.christian-faure.net/2011/02/11/les-enjeux-de-la-grammatisation-des-relations/

5 – Emmanuel Quinz, Katerine Hayles « Parole, Écriture, Code »

6 – Pierre Simon Laplace, « Essai philosophique sur les probabilités »

7 – Invention ludique de Claude Shannon, voir ici → https://fr.wikipedia.org/wiki/Machine_inutile

Cet article a été publié le 18 novembre 2016.

Notes à propos d’une « indiscipline »

Notes à propos d’une «  indiscipline  »

En vue de rédiger un «  proto-manifeste  » comme support méthodologique de travail. La nécessité d’un récit contre-hégémonique justifie une pratique théorique et artistique : l’indisciplinarité.

Pratique théorique →
• Portant sur les processus de digitalisation/discrétisation  : de grammatisation.
Implique les questions liées au langage, aux systèmes généraux abstraits de signes et de relations  : la logique, l’épistémologie.
Balises  : (Derrida, Wittgenstein, Saussure, Hayles, Marconi, Fauré/Stiegler, Hempel…)

• Ancrée dans une tradition de la philosophie des sciences et techniques (engendrement des idéologies par l’histoire des sciences, intégrer la technique et sa pointe technologique dans les questions politiques/sociales/philosophiques).
• Étude de l’algorithmique, de la notion de continuité/discontinuité, nature des nombres et autres «  principia mathematicae  »…

Balises  : Ernst Mach, Bertran Russel, Cercle de Vienne, philosophie et histoire de l’algèbre/analyse, etc.), Badiou, Cantor, Simondon, G.Chatelet, etc.

• Littérature/Imaginaire, constitution d’idéologies et de régimes politiques. Formation d’une stratégie politique viable ?

Pratique artistique →
• intégrant ces formes théoriques dans le champ esthétique: incorporer du symbolique par le biais d’une mise en poésie  ; par le geste didactique, par les objets didactiques (technologiques, machine ultime), la musique et la scénographie  : tendre vers la totalité en laissant un espace d’interprétation, voire de destruction des objets proposés.
Balises  : Brecht, Situationnisme, Futurisme, Dada, porno-lettrisme, image-relation, algorithmique mou, pung  !!!, épidémie de 1518, ouvrage illustrés scientifiques (illustration « moderne » des années 70), livres « interactifs » (Urbi) ,  etc.

Cet article a été publié le .

Mode de reliance, méthodologie systémique, fonction didactique et deux picons bières pour la table cinq

Argument en faveur de l’artiste-programmeur: technique et perception, une affaire de systèmes

On pourrait penser (et même dire, si vous êtes en capacité de vous exprimer oralement) qu’il n’est pas nécessaire pour l’artiste de devoir maitriser ses moyens de production pouvant matérialiser ses ambitions créatives, qu’il pourrait déléguer la tâche de formalisation des idées à un informaticien, sans qu’il se soucie de la dimension technique de son dispositif. Mais la technique ce n’est sans doute pas seulement un moyen de formaliser matériellement quelque chose, c’est aussi une façon de percevoir. Allez vas-y Edmond, c’est à toi.

« Mon hypothèse est que cette expérience sensible vécue dans l’acte technique —que j’appellerai expérience technesthésique— constitue une sorte d’habitus perceptif, du savoir sensoriel, partagé par chacun des membres d’un société en modelant ses façons d’agir, de penser, par des voies différences de celles du langage et de la pensée symbolique. »1

À propos de création computationnellement assistée, on pourrait considérer l’approche esthétique purement formaliste comme la preuve d’une inconsidération du processus de création, où l’outil numérique n’interviendrait que comme moyen utile pour mettre en forme une idée, ou bien comme démonstration formidable et technophile des moyens engagés.

« Ceux qui produisent des images dites « informatiques », manipulant les fractales ou les images de synthèse, tombent généralement dans le piège de l’illustration: leur travail n’est, au mieux, que du symptôme ou du gadget, ou, pire encore, la représentation d’une aliénation symbolique au médium informatique et celle de leur propre aliénation vis-à-vis des modes imposés de production. »2

Pour ne pas être pris au piège par des esthétiques technophiles et fétichistes, l’approche systémique me semble beaucoup plus convaincante. Cette « méthodologie systémique »3 consiste à intégrer l’ensemble des processus, des moyens matériels ou immatériels, dans le cadre de production artistique. Elle a l’avantage de réduire la distance technique et psychique entre sa production artistique et les moyens de productions4, car tout fait partie d’un même ensemble, tout est mis en poésie, des actions, des environnements, des actions, les langages — le code informatique pourrait y être bien entendu aussi inclus. Dans cet ensemble, de nombreux éléments hétéroclites interagissent entre eux, les mathématiques côtoient les arts visuels, le code s’immisce dans la poésie et les images, des modèles biologiques peuvent constituer des exemples quant aux façons de procéder…

« L’œuvre n’est plus définie comme un objet clos et statique, mais au contraire comme un champ, comme une matrice ouverte à tous les processus de transformation morphologique. »5

L’artiste armé d’une conception globaliste et d’une méthodologie systémique devient un opérateur de reliance6 pouvant permettre l’hybridation des domaines entre eux, ceci bien sûr en faveur de l’abaissement des cloisons qui séparent les disciplines entre elles; L’outil numérique semble plus qu’adéquat tant sa force simulatoire, issue d’un modèle puissant de discrétisation mathématique d’un réel continu, permet l’hybridation de formes et conceptions dans un espace du tout-calculé, ou les objets du système, peuvent interagir de façon équivalente sur un standard nombre. Les langages programmatiques, eux, constituent en soi une synthèse efficiente de formules mathématiques, compréhensible à la fois par l’homme et la machine.

De façon pragmatique une pratique artistique systémique, soit une stratégie analytique qui devient productive, a une fonction didactique dans le sens ou la « pratique didactique » désign[e] donc à la fois un auto-apprentissage, une didactique des formes et des techniques, autant qu’une production artistique apte à transmettre des connaissances, y compris sur le terrain social et politique7.


1. Edmond Couchot, « Images, de l’optique au numérique », p14 (page calvados).
2. Nicolas Bourriaud, « Esthétique Relationnelle », page j’ai-plus-le-livre-sous-la-main.
3. Emanuele Quinz, « Esthétique des systèmes », p14 aussi parce que après je m’endors.
4. Jack Burnam, « Esthétique des systèmes », p61, Orne Represent.
5. Emanuele Quinz, « Esthétique des systèmes », pajonzsimamémoirébonne.
6. Edgar Morin, « Réforme de pensée et transdisciplinarité »
7. Jean-Louis Boissier, Blog de Vincennes

Cet article a été publié le 11 mars 2016.

Quelques images mathématiques

Illustrons le symbole Sigma… Je le trouve très joli, ce signe.

Sigma

La somme d’une suite arithmétique (1 + 2 + 3 + 4 + 5 … jusqu’au nombre n qui vaut 10 par exemple) ça peut s’écrire comme ça :

sigma

Mais il y a le symbole eba63aafcecd3b92bd8ac4cd7dc0bca8 (dites « sigma »), qui permet aussi d’illustrer la somme d’une suite :

sigma02 Donc …

sigma03

Illustration en code :

int somme = 0;
int n = 10;
 
for (int i = 0; i <= n; i++) {
  somme += i;
  println(somme);
}

Ce qui vaut 55. Les indices des termes de la suite sont en orange (n en maths, i avec la boucle), et la somme de chacun des termes de l’itération en cours correspond à une colonne de cercles. La dernière colonne, tout à droite est le résultat.

746

Graphiquement, cela nous fait une espèce de triangle rectangle orange et blanc, et c’est très enthousiasmant. Si on regarde n, ça fait un petit triangle rectangle orange.

Calculer une somme d’une suite arithmétique de tête ou à la main

Pour calculer la somme d’une suite à la main, il existe cette fameuse formule :

sigma04
Pour n = 10, ça fait donc 10(10+1)/2 = 110 / 2 = 55. C’est juste. Voici comment ou pourrait illustrer la chose :

Visuellement, n(n+1), ça revient à faire un rectangle avec le symétrique du triangle formés par les termes (on empile 1, puis 2, puis 3, puis 4, etc… Regardez le triangle rectangle orange dans l’image précédente). En faisant cela, on double le résultat, d’où la division par deux. Pour n = 10, notre rectangle fait 11 x 10. Évidemment, il est plus commode et rapide de visualiser ça dans sa caboche que de dessiner l’affaire… Imaginez si on monte jusqu’à cent-mille…

sigmaz

Toujours pas clair? On fait un rectangle avec la symétrie du triangle rectangle orange. Bien. Ça revient à additionner le plus grand nombre avec le plus petit nombre, l’avant dernier plus grand nombre avec le deuxième plus petit nombre… etc. De sorte qu’on additionne i avec n, i + 1 avec n – 1, i + 2 avec n – 2, etc, cette suite de calculs symétriques feront toujours n + 1.
1 + 10 = 11, 2 + 9 = 11, 3 + 8 = 11, etc. On remarque qu’on peut donc faire n fois n + 1 pour tout calculer d’un coup… Il ne nous restera plus qu’à diviser le bazar par deux.

Cet article a été publié le 26 janvier 2016.

Envoyer des images ou des sons générées par Processing sur un serveur FTP

Cet article est issu d’un fil de discussion sur le forum codelab.fr que j’ai initié il y a quelques jours.

Voici un petit programme fait avec Processing.py. (j’ai choisi le mode python de Processing, pour utiliser la bibliothèque ftplib de python… peut-être y a t-il encore plus simple, m’enfin).
Il permet d’envoyer des images générées par Processing dans un dossier « img » sur un serveur FTP.
Également, avec un fichier php, nous pourrons afficher dynamiquement toutes les images contenues dans le dossier.

from ftplib import FTP
 
#INIT SKTECH
size(300, 300)
nom = str(day()) + str(month()) + str(hour()) + str(minute()) + ".png" # nom du fichier genere
 
#DESSIN
fill(random(255), random(255), random(255))
ellipse(random(width), random(height), 30, 30)
save(nom)
 
#CONNEXION changer variables
host = "ftp.******.fr"
user = "******"
password = "******"
connect = FTP(host, user, password)
#VERIF
etat = connect.getwelcome() # Envoi message de bienvenue si connection
print "etat connexion ftp ", etat
rep = connect.dir() # Affiche repertoires
print rep
 
#ENVOI
file = open(nom, 'rb')
connect.sendcmd('CWD www/exemple/img') # Commande FTP pour se placer dans un dossier precis. A modifier.
connect.storbinary('STOR ' + nom, file)
file.close()
 
#DECONNEXION et fermeture du programme.
connect.quit()
println("\nTermine !")
exit()

Voici un code .php très sommaire pour afficher toutes les images du dossier. Dans l’exemple, le fichier .php ainsi que le dossier contenant les images sont placé sur mon serveur dans « www/exemple ». À modifier selon vos besoins, évidemment ! :-)

<p>  
        <?php  
        $fichiers = glob('img/*');  
        foreach($fichiers as $i){  
          echo "<img class=\"img\" src=\"" . $i . "\">";  
        }  
        ?>  
</p>

Un autre exemple avec draw. C’est encore imparfait puisque l’animation se fige pendant l’envoi…

from ftplib import FTP
 
#envoie une image lorsqu'on appuie sur 'e'
 
def setup():
    size(300, 300)
    noStroke()
 
def draw():
    fill(random(255), random(255), random(255))
    ellipse(random(width), random(height), 30, 30)
    ellipse(mouseX, mouseY, 10, 10)
 
def keyReleased():
    if key == 'e':
        println("envoi")
        envoi()
 
def envoi():
    # On enregistre notre image.
    nom = str(day()) + str(month()) + str(hour()) + str(minute()) + str(second()) + ".jpg"
    save(nom)
    println(nom)
    #delay(1000) #un delay pour laisser le fichier s'ecrire tranquillement
 
    # On ouvre serveur, connexion, envoi.
    host = "******"
    user = "******"
    password = "******"
    connect = FTP(host, user, password)
    etat = connect.getwelcome()
    print "etat connexion ftp ", etat
    rep = connect.dir()
    print rep
 
    file = open(nom, 'rb')
    connect.sendcmd('CWD www/exemple/img')
    connect.storbinary('STOR ' + nom, file)
 
    file.close()
    println("debug file close")
    connect.quit()
    println("\nTermine !")

Avec ça, à titre d’exemple, j’ai générée et envoyé automatiquement sur l’internetosphère des déclinaisons d’un petit dessin simplet fait sous Processing.

http://www.completement.pt/exemple/

…Et ça marche aussi avec du son!
Toujours avec Processing.py, ci-dessous, un programme qui permet de lancer l’enregistrement d’un son avec un microphone (touche ‘r’), de cesser l’enregistrement (on rappuie sur ‘r’) puis de sauvegarder le fichier et de l’envoyer sur notre serveur (touche ‘s’); j’ai juste repris en Processing.py les exemples de la bibliothèque Minim…
C’est fait dans la perspective d’une installation interactive où les résultats générés par le dispositif serait archivés sur un site internet en quasi temps-réel, ou du moins automatiquement (bientôt j’espère des images du projet).

from ftplib import FTP
add_library('minim')
 
def setup():
    size(300, 300)
    global minim, input, recorder
    global nom
 
    minim = Minim(this)
    input = minim.getLineIn()
    nom = str(day()) + str(month()) + str(hour()) + str(minute()) + ".wav"
    recorder = minim.createRecorder(input, nom)
 
def draw():
    background(0)
    if recorder.isRecording():
        fill(0, 255, 0)
        println("enregistrement")
    else:
        fill(255)
 
    ellipse(width/2, height/2, 30, 30)
    envoi()
    delay(500)
 
def envoi():
    nom = str(day()) + str(month()) + str(hour()) + str(minute()) + str(second()) + ".png"
 
def keyReleased():
    if key == 'r':
        if recorder.isRecording():
            recorder.endRecord()
        else:
            recorder.beginRecord()
    if key == 's':
        recorder.save()
        println("sauve")
        execfile('envoi.py')
        println("envoyeee")

N’oublions pas envoi.py pour la connexion et l’envoi de fichier sur le serveur :

# coding: utf8
 
host = "***"
user = "***"
password = "***"
connect = FTP(host, user, password)
etat = connect.getwelcome()
print "etat connexion ftp ", etat
rep = connect.dir()
print rep
 
file = open(nom, 'rb')
connect.sendcmd('CWD www/exemple/son')
connect.storbinary('STOR ' + nom, file)
 
file.close()
println("debug file close")
connect.quit()
println("\nTermine !")

On reprend un peu notre fichier .php pour afficher nos fichiers sonores fraichement enregistrés…

<p>
        <h2>Sons</h2>
        <?php
        $fichiers = glob('son/*.wav');
        foreach($fichiers as $j){
          echo "<audio controls>";
          echo "<source src=\"" . $j . "\">" . "</audio>";
        }
        ?>
      </p>

C’est perfectible: le format .wav n’est sans doute pas le plus approprié pour le web. On pourrait bidouiller un petit quelque chose pour convertir le fichier en .mp3/.oggavant de l’envoyer sur le web.

Cet article a été publié le 21 janvier 2016.
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nous manquons de poètes techniciens

 

 

algèbre sociale

Les formes du discret —
pour une algèbre sociale
esthétique de l’archiviste

hypothèse sur la sculpture soc

L’histoire d’une histoire de l’art a existé; il y a une essence (légitime ?) qui est une forme en soi, une forme syntaxique dont l’image à valeur signes, et le discours sur ces signes, des tentatives de significations. vite fait

L’entreprise d’une esthétique plus générale que basée celle sur la syntaxe visuelle, comme celle qu’à entreprit Beuys avec sa « sculpture sociale » et toutes les pratiques systémiques.

Mais dans le cas où nous déjà intégré à notre discours sur l’esthétique et la technique, on peut soulever l’absence d’une partie nécessaire à l’individuation dans la notion de « sculpture sociale », qui est celle de la transindividuation; la sculpture sociale n’est qu’une sous-partie de ce processus, car il intègre un seul point de vue, coupé de tout rapport dialectique avec d’autre; penser la relation depuis un soi en devenir ne suffit pas à penser un soi en devenir avec le concours d’un ensemble de relations simultanées; Les relations sont multiples et non)linéaires, il y a le social et (dans sa dimension conjonctive) la technique; l’individuation se pense en même temps que la transindividuation; penser l’individuation en intégrant une vision bijective des interactions possibles semble incomplète; Ainsi il faudra élargir l’ensemble ambiant dans lequel on pourra réactualiser la notion de sculpture sociale; Nous pourrions parler d’architecture sociale en métaphore car, contrairement à l’image de la sculpture, de l’homme qui accomplit son devenir dans un élan nietzschéen, l’architecture inclus l’ensemble des individus; il s’agit de connaitre l’environnement (technique) dans lequel il devient. Or, nous dit S, tout est genèse, les objets techniques s’individuent aussi et les formes subissent ce jeu d’implication; il faut inclure l‘architecture, l’ensemble ambiant dans le raisonnement. L’espace s’individue.
En gardant la fonction de « sculpture sociale », nous pourrions expliciter la notion de relation entre individus (en état constant de métastabilité nous dit S) dans un ensemble de relations en surjection. La sculpture sociale est un point qui opère avec un autre point; la métaphore de l’architecture sociale,elle, admet l’ensemble des relations possibles avec tout ces points dans son ensemble;

Cette « architecture sociale » n’est pas inédite —chez les grecs- la vie civique utilisait les techniques architecturales pour intégrer la dimension esthétique dans la politique (??); la scultprue sociale chez Beuys est une actualisation d’une certaine vision antique de l’art comme technique sociale à une époque ou art fait fonction de discernement avec l’expérience quotidienne et collective (d’ou la nécessité de dégager la notion de Beuys, nécessaire pour éloigner l’art de son devenir impérialiste); Ce qui intéresse ici, c’est l’intérêt de ces ensembles de relations comme conditions nécessaire pour penser la transindviduation à une ère ou le réel s’est compléxifié (techniques et divison des tâches). Le réel s’est stratifié. Nous pourrions insister sur la notion de relation, qui par la stratification du réel s’est cassé; un réel cassé, divisé; La relation est-elle même sous ensemble de relations, la relation devient interface; image plutôt que forme en soi. La relation dans une société mal technicienne est projection, mais une projection qui aplanit des formes dans une lumière sombre.

La Scultupre sociale c’est l’art de réunir ce qui a été scindé; c’est une opération qui se couvre d’une esthétique quasi-mathématique, celle d’une algèbre comme schème de réparation. L’algèbre, c’est l’art de la réunion, de la réparation, de la restauration (je n’aime pas ce mot, trop réac).

—-

POINT sur La fonction de discernement de l’art

Comme Dwey Art (depuis 19eme sic) à une toute autre fonction que celle initialement; impérialisme, nationalisme etc.

Vision « contemporaine de l’art »: Moule l’esthétique dans l’artistique or, (et avec Kant) l’esthétique est aussi question de subjectivité, d’indiviudu; il y a moment esthétique seulement si il y a perception et déphasage. L’esthétique, du point de vue de l’expérience est une question individuelle; mais il reste possibilité de transductivité (révolution russe et son avant-garde). Elle est aussi collective, car sa fonction l’exige (pas l’inverse). Serait appellé art l’opération de transduction traversant les indvidus; les individus peuvent reconnaitre dans un objet d’art (résidu de transductivité) dans sa fnction individuante collective; (j’ai bcp de réserves la dessus). Grosse question: exsite-il des objets artistiques objectifs? la science est-elle un art objectif? Le mot art est il artificielle? N’est-il pas plus légitime de parler de technè? L’art existe-il? Un coucher de soleil ou une mer perturbée procure un sentiment esthétique, mais y a t-il « production » artistique? C’est donc une action humaine. raaaah

Atelier Processing : Introduction

#001. Introduction.

Voici ce qu’on a fait lundi 11 janvier.

Dans cet atelier on a téléchargé Processing, langage et logiciel de programmation.

https://processing.org/download/

Puis on a fait connaissance avec l’interface de programmation. Nous avons vu que lorsqu’on clique sur le bouton « play » en haut, une fenêtre grise de 100*100 pixels s’affiche.

Capture d’écran 2016-01-15 à 13.28.24

On a modifié la taille et la couleur de fond de cet espace de dessin. Nous avons vu que nous pouvons « coder » de la couleur en RVB ou en nuances de gris. Nous avons compris au gré des erreurs que la moindre faute syntaxique (la syntaxe est la façon dont le langage est structuré avec ses règles, son « orthographe »), l’ordinateur nous envoie sur les roses. On n’oublie pas les points virgules, les virgules, les parenthèses… etc.

Capture d’écran 2016-01-15 à 13.32.26

On a joué avec les fonctions basiques de dessin (rect(), ellipse(), line()). On a vu comment remplir les formes ou les contours (avec fill(), stroke()). On peut aussi enlever ou grossir les contours. Nous avons vu quelques autres fonctions; à voir: la documentation.

Capture d’écran 2016-01-15 à 13.35.20

On a également fait quelques opérations mathématiques très simples ( +, -, *, / ) sur des valeurs pour décaler la position des formes (ci-dessous, ligne 12 à 14).

Capture d’écran 2016-01-15 à 13.38.09

Nous avons vu que nous pouvons charger des images… grâce aux variables de type PImage. Mais nous y reviendrons après la session n°2 ! Pareil pour l’affichage de ce qui a attrait à la typographie, nous y reviendrons plus tard !

Comment ne pas perdre la main tout en avançant :

• aller yeuter par exemple du côté du flossmanual et voir d’autres fonctions de dessin.
http://www.flossmanualsfr.net/processing/ch007_les-formes

• sauvegarder ses œuvres au format .jpg, .tif, .png… avec la fonction save().

• jeter un coup d’œil sur les méthodes width et height, puis sur le code ci-dessous.

size(300, 300);
ellipse(width/2, height/2, 50, 50);
line(width/2, 0, width/2, height);
line(0, height/2, width, height/2);
save("mon_image.jpg");

mon_image

 
De l’expérience, des formes
  • les formes et les images (introduction.)
  • l’expérience, l’art et la vie (Dewey)
  • l’expérience discrétisée, rapprots grammatisés (Benjamin, Simondon) Critique de rationnalisme et du positivisme.
  • Discontinuité, imprévisibilité artiste clé: L.L de mars !!!

dégager une axiomatique de la création de formes par l’expérience. Placer le domaine de ‘l’action ordinaire’, des faits et gestes dans le champ esthétique. Actualiser cette vision pragmatique (Dewey) en considérant les nuveaux enjeux contemporains à l’ère des rapports grammatisés, des flux (informationnels) qui ne délivrent pas seuelement de l’information; elle en capte (extrait) aussi.

Il faut penser l’émancipation avec un contre-imaginaire (Althusser, Imaginaire) pour modifier nos rapports et la qualité de nos expérience dans notre environnement. Mais les images ne font pas tout: les formes actent la vie (la forme est plus action esthétique qu’une surface). EX: La révolution russe, le fascisme sont des formes puisant dans des images, signifiantes, engageantes. Elles engagent la pensée et l’action morale. La force des images et la réalité des formes, des actions politiques esthétique (WBenjamin p314-316) sur le futurisme. éloge de la main. éloge de la guerre. L’inertie des images donnent les formes (avant garde russe). Mais il n’y a cependant pas de formes sans technique. Esthétique prométhéenne. Activation du prométhéisme.

L’art, comme catégorie malgré elle, doit poursuivre sa tâche profonde, ensemencer les images pour faire naitre les formes. L’éternel retour de l’art: quitter le somptuaire pour retrouver son énergie vitale de concours avec la vie même. L’art doit être le gage, un symptôme d’une vie plus haute. Elle doit se préoccuper d’esthétique, pas d’ornements; la syntaxe de la vie n’est pas proprement visuelle ou proprement sonore, la main connait bien les surfaces aussi, les textures, les matières… éloge du moment, fermant des hauts instants qui arriveront. Décloisonnement, s’appareiller de tous nos sens. La main et son régime d’actions tangentiel, pourtant, brave les couches et pénètre au plus profond la matière: La main travaille l’esprit. Elle est une intelligence en extension. Elle acte l’intelligence.

Aujourd »hui quelles sont ces formes qui naissent malgré… ce plaçant, malgré, dans une esthétique de l’archiviste? Une histoire de l’art de l’expérience porteuse d’une esthétique, d’images et de formes.

Les formes des communs. Le geste et la machine.

Les flux, ces « grands vents » parcourant le monde. (St-John Perse).

 

Ébauche pénultième rapport de diplôme

Indisciplinarité vaut mieux que deux tu l’auras

L’indisciplinarité c’est travailler dans des espaces qui échappent à la répartition classique des disciplines académiques – des champs d’études spécifiques qui ont leur propre vocabulaire, leurs propres modèles et leurs propres méthodes.¹

Sans doute de façon inconsciente, j’ai toujours été dans une logique « indisciplinaire ». Au début, pratiquant le dessin, la musique, la vidéo, me mettant souvent en scène, je faisais des choses qui n’avaient rien avoir les unes avec les autres, sans savoir comment les mettre en relation. Je jonglais entre différentes formes, préférant « toucher à tout », m’amuser et amuser, sans donner un sens commun de l’ensemble de mes productions. En apprenant à apprendre, je me risquais à l’éparpillement.

Il faut des généralistes pour relier des acquis pour les insérer dans des ensembles et réfléchir sur ces ensembles, […] au risque d’être superficiel ou mal formé. Mais toute chance de dépasser un domaine clos comporte ce risque.2

« Les petits chiens » est un album de musique, des performances musicales parasites à la WebTv de Bourges, une série de peintures… Je m’inspirais des univers de Robert Wyatt, de Phillipe Katerine…

Assez fasciné par les artistes et les inventeurs un peu iconoclastes dans leurs domaines, comme Xenakis mathématicien, musicien, architecte, ou bien encore Jules Marey, photographe-inventeur et médecin, dans la perspective d’entremêler les disciplines que je convoquais, je commence à bidouiller. Je m’initie à la programmation informatique.

Un de mes premiers programmes interactifs. Il s’agit d’une version simplifiée d’une partition « SisTeMU »3: il retranscrit graphiquement en temps réel une ambiance sonore. L’intensité du son varie le rayon des cercles, et leur tonalité leur couleur. Cliquez ici.

capture-00011506

L’image-relation

Petit à petit j’entrevois le numérique comme le terrain de rencontre des différentes disciplines. Avec l’installation « Faites chier ce type » c’est mon cadre ouvert de création qui se dessine très concrètement: la vidéo-interactivité. [schéma install]

mondessin-6

Dans cette installation on peut interagir avec l’image vidéographique, de sorte que chacune de nos actions (frapper, caresser, crier, parler, éclairer…) permettent de déployer des images qui jusqu’alors étaient en attente. L’interface avec laquelle le spect-acteur peut incarner ses sens est l’image projetée du personnage sur un coussin. Le public est mis en relation avec l’image à l’intérieur d’un dispositif interactif. L’image est un objet relationnel: Jean-Louis Boissier parle d’image-relation4, une image saisissable, jouable. Si l’interactivité est un terme technique pour désigner la relation entre un homme et une machine, l’image-relation, elle, est sensée expliciter la dimension poétique du gestus5 corps/programme.

Si la vidéo-interactive est le cadre ouvert de ma production artistique, c’est que, au delà de la réalisation d’œuvres interactives, la mise en relation s’insinue en tout point, au sein même du processus de création. La couche technique, ici très spécifiquement le flux du code sur lequel l’image-relation repose, exige une mise en relation de différents domaines (l’informatique, les mathématiques, l’électronique, la vidéo…). Ce cadre de production exige une méthodologie de création s’axe moins sur la réalisation d’objets clos, mais sur une stratégie analytique qui devient productive6: tous les éléments mobilisés (la documentation technique, les esquisses, les notes, les productions achevées ou non…) font partie d’un même ensemble. J’appelle cet ensemble complexe un « système »7. Le chemins des idées produisent des images.

[scan croquis notes ou poésie]
« Les idées sont des images. »8

Peut-être que le rôle de l’indisciplinaricien (ou du combinatoricien pour emprunter ce terme aux mathématiciens), est de mettre en relation des choses entre elles, d’être un opérateur de reliance9 qui joue avec les objets qu’il a inclus et qui se combinent dans son système.

Pratique didactique

La « pratique didactique » désign[e] donc à la fois un auto-apprentissage, une didactique des formes et des techniques, autant qu’une production artistique apte à transmettre des connaissances, y compris sur le terrain social et politique.10

Il y a une démarche « hacker » ou plus simplement« citoyenne » qui est celle de transformer les langages programmatiques, plus occasionnellement des expressions mathématiques, en un matériau poétique générant des images, également en créant des objets inutiles « bouffonesques », ou bien encore en créant ses propres outils de création…

« La suite Daudaube » est une suite de trois logiciels dédiés à la création visuelle en direct que j’ai programmé… ils sont encore en version « bêbêta », relativement prêts à l’emploi mais à parfaire. Le slogan de la Suite Daudaube : « Faire ses propres logiciels, comme on ferait pousser ses petits légumes dans son jardin, c’est commencer à dérouler le majeur en direction du néo-libéralisme. Lutte forêveur ».

Si mes objets ne transmettent pas à proprement parler des connaissances, je tente d’en faire émerger la partie rigide, le flux du code, qui structure en partie et côtoie mon écriture « décalée »: le code est autant un moyen de domination qu’un moyen d’émancipation, les structures qui nous entourent sont codées dans les logiciels11, c’est pourquoi il est important que l’on se l’approprie par exemple en l’utilisant à des fins artistiques et poétiques sans lui attribuer forcément une quelconque utilité, à l’exception sans doute, de sa fonction didactique qui dans tout les cas lui sera intrinsèque. Le code est un système langagier au même titre que la parole ou l’écriture, c’est important d’en prendre conscience et d’en faire prendre conscience.

« Des inquiétudes sont susceptibles de naitre si les opérations de la machine sont a ce point rendues obscures que ses utilisateurs perdent de vue (ou ignorent) le fonctionnement réel des logiciels, se trouvant alors à la merci d’entreprises prédatrices comme Microsoft. En effet, les utilisateurs prennent ainsi plus facilement pour argent comptant les métaphores Cliquez ici que leur assènent les grands groupes. Incontestablement, ces dynamiques démontrent que les ordinateurs ont cessé d’être de simples outils, pour autant qu’ils aient été. Ce sont des systèmes complexes qui, de plus en plus, produisent les conditions, les idéologies, les hypothèses et les pratiques qui nous aident à construire ce que nous appelons la réalité. »11

[schéma dispositif illico – cinoche]

Une façon de montrer la dimension poétique du code est de le mettre en scène. L’illico-cinoche est une performance où, un avec un compère et avec la participation du public, nous créons la bande son et l’image d’un film en direct. Par ailleurs, nous avons réalisé nos propres outils, faisant d’ailleurs partie de la « Suite Daudaube ». C’est entre le spectacle de marionnettes en papier et le Vjing (mixage d’images en direct). Pierre Hébert a développé avec Bob Ostertag un dispositif similaire; il parle de « Living Cinema ».
Il y a un équilibre fragile entre les dispositifs numériques rigoureux, l’improvisation des metteurs en scène et du public.


Notes à soigner 😉 Je n’ai pas mes livres sur moi, je préciserai certaines choses dans un futur imminent.

1 Joi Ito, article Rue 89 blabla,
2 Edgar Morin. Défense et illustration du touche-à-tout, http://www.iiac.cnrs.fr/CentreEdgarMorin/spip.php?article402 (désolé, le site est désormais inaccessible, mais j’ai une archive à cette adresse).
3 « SisTemu » est un système de notation musicale du studio MOT. (lien).
4 Jean-Louis Boissier, « La relation comme forme, l’interactivité en art », éditions mamco
5 Gestus brectien, Wikipédia (merci wikipédia), mot glané à une conférence de J.L Boissier le 16 nov 2016 à Paris.
6 Esthétique des systèmes, Jack Burnam, page ?.
7 Esthétique des systèmes, Jack Burnam, page ?.
8 Conférence d’Étienne Ghys, mathématicien, « Les images comme symboles mathématiques », lien.
9 Edgar Morin, « Réforme de pensée et transdisciplinarité ».
10 Jean-Louis Boissier, « Pratique Didactique chez Brecht, Kowalski, etc. » Blog de Vincennes
11 K.Hayles, « Parole, Écriture, Code »…

Expr et individuation


1) Nous vivons des expériences.
2) Elles se vivent dans et avec notre environnement;
3) Nous entretenons ainsi un certain nombre de relation avec notre environnement et ses objets;
4) La nature de ces relations n’est pas forcément stable initialement, il peut y avoir des points de tensions, des points d’accord.
5) Il s’insinue un rapport combatif ou d’amitité avec des éléments de notre environnement; La lutte, c’est réduire le fossé d’instalibité, de dissonnance  avec soi et le système (l’environnement); Celui de la conquête de la stabilité.
6) Cette quête de la stabilité, si réussie, connait un point culminant, avavant de retomber dans une nouvelle situation nouvellement instable, mais qui, à chaque instant, peut connaitre de nouveaux points culminants.
7) Ce point culminant, c’est l’expérience.
8) Le véhicule organisateur de l’expérience est le temps.
9) L’expérience, vécue dans le temps, est psychiquement, l’assimilation d’une forme nouvelle, comprise qui permet une certaine pleinitude; Elles marquent des pulsataions; la vie est rythme.
10) Expérience ou point culminant, c’est le moment de sur-saturation et le passage à une nouvelle phase produit une forme;
11) Ce passage d’une phase à une autre et un « pas », un déphasage.
12) L’accident, entre deux phases, est une forme catastrpohique. Il ne peut y avoir de déphasage sans forme. D’ailleurs il ne peut  yavoir de forme sans catasptrohe.
13) L’expérience est un gage de création de forme; La forme est d’abord de nature déductive
14) Les nouvelles bases pour poursuivre le processus, l’indivuation de l’élément ou objet, sont faites sur toutes les rétentions; la forme assimilée ou pensée, est le nouveau terreau fertile des expériences à venir; La forme est aussi de nature inductive;
15) La forme est efficiente, elle n’est pas ornementale, elle n’est pas forcément image; elle est auto-signifiante.
16) Les expériences vécues nous rendent plus « résistants » au déphasage; La progression, métaphoriquement, serait logarithmique.
17) L’accès à une nouvelle phase, permet de se désaturer.
18) L’évolution de l’objet change aussi la nature des relation avec l’environnement, qui lui même modifie sa relations avec d’autres objets: le processus d’indivuation est transductif.
19) L’exgèse, ou le commentaire d’une forme produit de nouvelles images; Le meilleur commenaitre d’une forme, c’est elle-même. Elle est donc de nature poétique, à la fois langage et moyen.
20) Il est question de perception, de sensation ou de sentiment; La forme est esthétique (mais pas esthétisante).
21) Toute interaction, toute action avec un potentiel expérientiel possible, est potentiellement esthétique.
22) Si l’interaction modifie notre comportenment, notre individualité, alors il y a expérience donc déphasage.
23) Toutes interaction avec un potentiel expérientiel plein, alors cette interaction est au moins de nature esthétique.
24) Dans toute interaction ou déphasage, il y a effet activateur et inhibateur.
25) Il y a donc réaction/diffusion c-a-d déphasage et transduction.
26)

Genèse de la parole

L.L de Mars + St-John Perse + Novarina.

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2006-4-page-913.htm

Officiants de tous les pays, unissez-nous!

Image/forme

La vie des formes est riche; la richesse de celles des images l’est moins: Lorsque la forme se signifie (Focillon), l’image signifie. Un signe a moins de vie qu’une forme, elle rapporte de façon superficielle, tout en surface, une chose ou bien un fait — le signifié. La forme est synthétique, signifié-signifiant, elle n’exprime qu’elle même, en toute légitimité, en toute force. Aucune image ne peut représenter un point; Mais pourtant, le point a bien une forme, une forme sans dimension, l’image fait allusion à l’idée même de point. La représentation du point use quelques images allusives. Ces images sont l’expression visuelle et mentale d’un sentiment, d’une intuition de la chose géométrique qui se vit davantage qu’elle ne se dessine. On ne peut pas réellement se représenter un point, on ne peut que saisir sa forme seulement à chaque fois qu’on y pense, en travaillant sa matière (point mécanique).

On ne peut sentir que sa substance (bach)

http://classiques.uqac.ca/classiques/focillon_henri/Vie_des_formes/Vie_des_formes.html

 

 

individudu

La question de l’individuation à l’ère ou l’on entretien des rapports grammatisés avec les technologies relationnelle et que ces quesitons appartiennent au moins au champ esthétique les réponses dans le champ artistique?  D’abord, est-elle possible?

Non > Par l’absurde on démontrera que c’est faux: en quoi des relations avec des techniques de type relationnelles font exception au propre de l’homme? (prométheisme)
C’est une réponse réactionnaire et rétrograde de penser qu’il ne peut y avoir individuation avec de nouvelles technologies. De plus, avec des exemples simples, on peut démontrer que les rapports grammatisés sont générateur de formes et d’expériences nouvelles; Or si il y a expérience, elle se place dans le champ de la receptin indivuduelle, elle est de l’ordre de l’appréciation, du gout, de l’esthétique. De plus, elles mdifient notre rapport au monde, collectivement; des exemples d’applications concrètes.

OUi > il faudra démontrer alors quelles sont les conditions de l’individuation et quels objets conceptuels qu’elle convoque. Pour s’indivuduer (définir individuation…) il faut se déphaser, il est question d’expérience indivuduelle, de déphasage, de progression psychique; Cette expérience, dans le champ de la sensation et du sentiment appartiennent au champ esthétique. L’expérience amène la question des formes inivuduelle (psychiques/esthétique) et collectives (artistique/imaginaire/aussi esthétique) Ce déphasage est conditionné par les techniques qui modifie la nature de la genèse perpetuelle; de façon générale, il y a indivudaiton avec l’arrivée de nouvelle techniques, mais c’est seulement une relation intime qui acte le déphasage; il y a un décalage entre l’invention d’internet et son utilisation par les masses. Pour qu’il y est individation il faut qu’il est relation intime avec la technique, éprouvé par un sentiment esthétique sous-jacent; Cette relation acte la transformation isomorphe (déplacement) des objets techniques dans le champ de la culture (objets permettant l’indivuation collective); On sait que cette relation est de nature isomorphe, on connait les points d’entrée et de sortie, mais on ne n’explicite pas le nom de cette opération; cette opération de translation et celui de la fonction de l’art, soucieux des questions de la techniques, et pls précisement , ceux des nouveaux médias.

>Il faut définir la notion d’individuation et pourquoi elle est importante.
>Il faut démontrer la similitude individuation/expérience
> Il faut prouver que cela se place (au moins en partie) dans le champ esthétique et technique.
> Il faut démontrer qu’entre esthétique et technique il y a une relation intime d’emblée.
> Il faut montrer la nécessité de l’art numérique, à fonction didactique, dans l’opération de déplacement des objets techniques dans le champ esthétique. Ces opérations sont domaines du champ artistique qui cnsiste à combiner et à produire du sens (technique et eshtétique).
> Le point de convergence de ces champs est la notion de forme, auto-signifiante;
>Définir une notion d’art plus englobante avec la systémique.
>La notion de simulation modèle dans le champ artistique

Note d’intenion recherche

Notion d’expérience. Relation forme/expérience
de processus, techniques, esthétiques, ethiques
La forme et l’uniformisation de l’expérience
Le langage la parole
le discret et le continu
génétique des formes

note intention brouillon.
Bonjour,

je cherche à étudier la notion d’expérience à la lumière des modifications de notre rapport d’être au monde avec les technologies relationnelles. Quelle est la condition d’apparition de l’expérience, étudiée du point de vue esthétique notamment avec Dewey et Beuys, à l’ère ou nous entretenons des relations avec un environnement technique qui discrétise nos faits, dires, et gestes et tendant même à les uniformiser par la simplification de ces relations?

Peut-on maintenir le schème de l’expérience deweyien (le rapport de l’homme au moins dans la visée d’être plus-humain par l’art) et actualiser la notion de « sculpture sociale » (et tout ce qu’elle image) tout en redéfinissant les contours de l’antagonisme discret/continu? En un mot, quelles sont les formes du discret (du grammatisé) qui dialoguent avec le continu (du grammatisable) et vice-versa? ET Sans exclure toutes les possibilités qui s’amorceront de cette approche: Le discret peut-il être signifiant? Si oui, il y a donc des formes dans les systèmes techniques et possibilités de produires du poétique depuis un matériau informatique. C’est donc un système discursif comme la parole ou l’écriture et il y a donc possilibilité de faire art.

L’antagonisme discret/continu est-il une approche suffisante? Kittler démontre que non (grammophone, et même avant avec Marx avec l’industrie mécanique, dans le CApital). L’emploi du schème de la réaction-diffusion de Turing, plus totalisant, pour former un plan plus organique, pour ne pas tomber dans l’analyse positiviste viennois (par exe).

La relation esthétique/technique est forte; Pour répondre à ces questions, je compte m’appuyer sur des auteurs ayant abordé ces thèmes depuis différents champs d’études (Simondon, Bachelard, Ingold, Hayles…) en motivant le fait que les technologies relationnelles uniformisantes sont produites depuis une posture esthétique (nécessaire pour appliquer un projet hégémonique comme celui des GAFA… le capitalisme quoi aaha) et peuvent être donc résolues dans le même champ, par le champ artistique, notamment avec la notion de saisie, développé par JLB et approché par la littérature (NOVARINA), prenant tout sons sens dans l’approche de la systématique de Burnam.

Il faut donc considérer la notion de sujet comme objet qui ne s’individue non pas indépendamment, mais de concert avec un certain nombre d’occurrences suivant des processus similaires.

En vue des nombreuses questions auxquelles il faut répondre en vue d’arriver à nos fins, il ne faudra pas procéder à un inventaire systématique en série des différents domaines convoqués, la tâche serait trop ardue, trop longue, le résultat, branlant. Il faudra plutôt procéder à une technique archéologique des média et des discours convoqués, en vue d’établir la qualité des relations qui les unissent, en prenant soin de ne feindre le long de l’argumentaire, que la réponse intuitive qui motive l’objet de ce mémoire, est placé dans le domaine poétique, traversant tous les champs appelés. Nous voulons former un récit de la génèse de nos expériences contemporaines en usant largement des images à chacun famillères ou cinématographiques, littéraires, mathématiques, technique. « Il faut des poètes techniciens ».

 

Il est voulu ici de former quelques imagaes inductives, récit (ou la relation (jlb)) comme forme. Poésie technicienne.

Je placerai ainsi dans une approche « médiarchéologique »).

 

1. De l’expérience, des formes

Le magma, genèse des formes (Condillac, Turing, Bachelard??, THOM)

L’expérience chez Dewey (En regard avec WB)

L’individuation chez Simondon (Odyssée de l’eSpace)

Sculpture sociale chez Beuys et transduction.

~~~2

 

Actualiser Dewey et son « adaptation » (pas faux mais non-vrai). Prométhéisme.

Pourquoi scultprue sociale? Élargir le sujet, défaut chez Beuys?, avec la transduction simondonienne.

Je compte approcher cette problématique en passant par un biais archéologique, en exposant différentes genèses (techniques, esthétiques, d

Comment réactualiser la notion d’expérience

comme condition de création de formes

 

fonction de l’art numérique frontières de la culture / technique

FOucault et archéologie: l’image des bulles de savon.

Première Partie (introductive): S’outiller.

0. Exposition de la note d’intention. Et définition des thèmes amenés (ou l’inverse).

1. La perspective médiarchéologique. Pourquoi une archéologie? Doute sur les systèmes de formations discursives dans lesquels il faut aller « piocher ». Problème de la méthode: domaines multiples. Difficultés.

2. L’expérience et esthétique. Dewey, (images de Condillac) Beuys, magma et prémices Simondon. Qu’est-ce que l’expérience? Comment la réactualiser avec une philosophie plus actuelle?

3. Discrétisation et grammatisation. Machines de tous les jours. Qu’est-ce que la grammatisation? Quels sont les enjeux politiques? Comment penser ces enjeux de façon non exclusive par le biais esthétique.

Deuxième partie: Conjonctions.

1. Les vents, sur toutes faces de vivants. Récit du langage/outils (Perse, Valère, Kubrick)

Techniques sociales. Éloge de la main. Grammes et reproduction.

 

Sur les questions de méthodologie: en effet les enjeux de « l’esthétique de la discrétisation » du « continu-contingent » se situe au carrefour de nombreuses disciplines, au niveau social, politique et économique. Il serait difficile d’embrasser la totalité de ces différents ensembles;

Social: usage quotidien des techn.rel, rapidité d’information, vie numérique publique, les communs, etc.

économique et politique: microsoft et la bureaucratie européenne (cout et philosophie politique). Espionnage NSA, le numérique à l’école (éducation), renseignement généraux français sous sarkozy, etc.

Ici, nous assurerons que ces actions ou stratagèmes ne peuvent exister sans idéologie et sans posture (parce qu’il y a un mouvement de convegence vers un tout monopolisié [trotsky]) (ex: algorithme de Macron). Nous pensons pouvoir assoir une critique de l’estéhtique (ex: silicon valley, ubersiatoion, « droitisation » des thèmes du numériques comme enjeu sociétal et économique, linkdin, code de la cravate n&B, instagram manovich, permettrait luxe (uber, drone) etc).

Les techno. ne sont pas des moyens; comme des êtres ils ont leur vie propre et s’individuent autant qu’elles nous individuent; Le moyen, c’est dans le temps de l’action; c’est le geste technique. La peinture n’est pas seulement ce qui nous permet de faire un tableau; c’est l’objet même d’une œuvre picturale; Le moyen c’est le geste du peintre et porte la marque de sa main. (et c’est la main qui fait l’homme Focillon). Il fait régler la question du geste, des usages.

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-15-5.htm

D’abord aliénation du geste (non pas par la machine mais par son mode social d’exploitation) puis aliénation du désir (exploité également, et sa métamorphose par les techno.rel et la crise de l’attention).

Personne n’est éloigné de ces questions, tous concernés. Question des usages. Question des actions dans ce champ ou comminique très intesenement différentes disciplines. La question de l’expérience, des usages et de la dimension eshtétique qu’elle porte par la modification de notre rapport imaginaire avec les logiciels. Il faut modifier les imaginaires et les usages, notre rapport au récit des technologies et ntre rapport techniques avec elles. C’est là ou intervient les pratiques artistiques dans le champ de numérique; l’image-relation (élargie) comme contre-poison pour ne pas être mal-techniciens.

Notes : Quelques travaux

Voici une liste non-exhaustive des travaux réalisés pendant le dnat;

La suite Daudaube, logiciels

Collection de trois logiciels « faits-maison ». Prise en main et création de ses propres moyens de production. • Bourriaud esth.relationnelle)
Friedrich Kittler, Mode protégé
Dépôt du code des 3 logiciels: https://github.com/nioudelit/
Présentation: DVD + ouvrage papier doc + le github.

Faites Chier Léandre, installation

Illustration vidéo-interactive, image-relation. • Jean-Louis Boissier, Brecht

Hé ! Regarde-moi !, installation (à présenter)

Un enfant/adulte veut absolument que vous le regardiez jongler/jouer/faire la roue. Tant que vous ne le regarderez pas, il harcèlera le public. vidéo+webcam. •Pierrick Sorin, JLB

Illico-Cinoche, performance audiovisuelle

Création d’un film en temps réel avec papier découpé, webcam… (VJ papier souris verte)
– avec léandre: son en temps réel. Utilise un des logiciels faits maison

• Pierre Hébert/Bob Ostertag

Le jeu vidéo dont vous êtes l’écrivain(à terminer ou …) avec Antoine

Un jeu vidéo qui se génère automatiquement, et qui permet de générer physiquement un roman de l’histoire; retracer les bifurcations du joueur de façon littéraire.
JEU VIDEO / INSTALL

Petit livre rouge des mathématiques, livre jeunesse (à terminer)

Livre jeunesse sur les maths (opérations simples + fonctions…) (Etienne Ghys, JLB, Brecht)

Poésies Algorithmiques, poésie/performances

Traces formelles d’une méthodologie systémique. (carnets de notes, mise en poésie…). Performance pour l’université de Stanford. Poésies algo.

Petits Chiens (WebTV + Album Musical + peinture + poésie).

Une œuvre cross-média malgré elle. (performance à Bourges, un feat avec Ficus Jaune…)

Tutoriels (avec Antoine), vidéo

Série de vidéo « didactiques »

Littérature technique et altruiste, édition

Recueil de littérature (output) généré par la demande (input) de personnes en galères à propos de programmation. Recueil de mes interventions à propos de programmation sur le net (40-50 pages…)

Ordinateurs nuls mais didactiques (à terminer…)

« Ordinateurs » DIY pour écrire de la poésie bit par bit (8 boutons + code ASCII). Parole, écriture, Code, N.Katherine, Hayles, Brecht

Le frein de recherche – moteur de recherche qui te pousse à te perdre, à te pousser au divertissement.

navigateur web qui utilise un  moteur de recherche hacké (google).

Un navigateur en python utilisant un moteur de recherche basé sur google, mais « hacké », déguisé, travesti… (récupérer les urls issues d’une recherche google restylisée…) et les afficher dans l’interface avec un style propre. Les affiches dans le désordre.

? —> Ajouter des mots clés secrètement dans la recherche.
Les mots clés, dans le champ lexical du diverisssement, de la fête… une liste de 100, 200 mots de base. Mais base de données qui parasite les recherches évolue aussi. Des mots clés sont récupérés automatiquement sur le web —> flux twitter de salle de concerts, spectacles, cirque, festival… avec les « hashtags », base de données dynamique. En ça, il y a un algorithme « propre » qui s’intègre à un vrai moteur de recherche: google. FOOT, télé réalité…

Système: façon de présenter le tout, les choses inachevés, les « papillonages »

Exemple: dernier bilan , dispositf webcam/t.v… Intègres les éléments inachevés. Font partie d’un tout, d’un « système ». Burnam « esthétique des systèmes »:

ref: http://code.feralj.fr/2016/03/11/mode-de-reliance-methodologie-systemique-fonction-didactique-deux-picons-bieres-pour-la-table-cinq/

 une pratique artistique systémique, soit une stratégie analytique qui devient productive, a une fonction didactique dans le sens ou la « pratique didactique » désign[e] donc à la fois un auto-apprentissage, une didactique des formes et des techniques, autant qu’une production artistique apte à transmettre des connaissances, y compris sur le terrain social et politique7.

Notes à propos d’une « indiscipline »

Notes à propos d’une «  indiscipline  »

En vue de rédiger un «  proto-manifeste  » comme support méthodologique de travail. La nécessité d’un récit contre-hégémonique justifie une pratique théorique et artistique : l’indisciplinarité.

Pratique théorique →
• Portant sur les processus de digitalisation/discrétisation  : de grammatisation.
Implique les questions liées au langage, aux systèmes généraux abstraits de signes et de relations  : la logique, l’épistémologie.
Balises  : (Derrida, Wittgenstein, Saussure, Hayles, Marconi, Fauré/Stiegler, Hempel…)

• Ancrée dans une tradition de la philosophie des sciences et techniques (engendrement des idéologies par l’histoire des sciences, intégrer la technique et sa pointe technologique dans les questions politiques/sociales/philosophiques).
• Étude de l’algorithmique, de la notion de continuité/discontinuité, nature des nombres et autres «  principia mathematicae  »…

Balises  : Ernst Mach, Bertran Russel, Cercle de Vienne, philosophie et histoire de l’algèbre/analyse, etc.), Badiou, Cantor, Simondon, G.Chatelet, etc.

• Littérature/Imaginaire, constitution d’idéologies et de régimes politiques. Formation d’une stratégie politique viable ?

Pratique artistique →
• intégrant ces formes théoriques dans le champ esthétique: incorporer du symbolique par le biais d’une mise en poésie  ; par le geste didactique, par les objets didactiques (technologiques, machine ultime), la musique et la scénographie  : tendre vers la totalité en laissant un espace d’interprétation, voire de destruction des objets proposés.
Balises  : Brecht, Situationnisme, Futurisme, Dada, porno-lettrisme, image-relation, algorithmique mou, pung  !!!, épidémie de 1518, ouvrage illustrés scientifiques (illustration « moderne » des années 70), livres « interactifs » (Urbi) ,  etc.

notes focillion

Balzac écrit dans un de ses traités politiques : « Tout est forme, et la vie même est une forme. » Non seulement toute activité se laisse discerner et définir dans la mesure où elle prend forme, où elle inscrit sa courbe dans l’espace et le temps, mais encore la vie agit essentiellement comme créatrice de formes. La vie est forme, et la forme est le mode de la vie. Les rapports qui unissent les formes entre elles dans la nature ne sauraient être pure contingence, et ce que nous appelons la vie naturelle s’évalue comme un rapport nécessaire entre les formes sans lesquelles elle ne serait pas. De même pour l’art. Les relations formelles dans une œuvre et entre les œuvres constituent un ordre, une métaphore de l’univers

 

La nature elle aussi crée des formes, elle imprime dans les objets dont elle
est faite et aux forces dont elle les anime des figures et des symétries, si bien
que l’on s’est complu quelquefois à voir en elle l’œuvre d’un Dieu artiste,
d’un Hermès caché, inventeur des combinaisons. Les ondes les plus ténues et
les plus rapides ont une forme. La vie organique dessine des spires, des orbes,
des méandres, des étoiles. Si je veux l’étudier, c’est par la forme et par le
nombre que je la saisis. Mais du jour où ces figures interviennent dans l’espa-
ce de l’art et dans ses matières propres, elles acquièrent une valeur nouvelle,
elles engendrent des systèmes complètement inédits
Notes sur le magma

Pour donner une consistance poétique à la définition de l’expérience comme moment esthétique, nous pourrions en passant nous autoriser à placer l’expérience sous le tempérament philosophique, avec quelques images bachelardiennes.

« Ils apparaissent à nos yeux comme des instants majorés, ils sont des instants d’univers. Ils ne nous appartiennent pas, ils nous sont donnés. Ces instants marquent la mémoire, ils reviennent dans la rêverie, ils gardent leur dynamique d’imagination. »

Expérimenter est une entreprise « magmatique ». Dans son sens algébrique, un magma est la base neutre, il est en quelque sorte « l’âme vierge » de la statue de Condillac auquel on délivre au fur et à mesure les cinq sens qui lui permette d’appréhender, d’expérimenter son système propre et son environnement (à l’odeur la rose au demeurant). Ce don des sens progressif correspondrait à la dotation de loi de composition internes et externes : d’abord l’odorat, loi interne, stimule la mémoire, stabilise le système à l’intérieur de lui-même, ensuite le toucher, loi externe, qui permet d’entrer enfin en relation avec l’environnement… Àu moment de la dotation du deuxième sens, le magma passe dans un état instable — au sens mathématique, il devient monoïde—, il y a discontinuité qualitative entre les deux sens, dans ce qu’ils délivrent dans les images mentales produites par les différentes expériences. Vivre une expérience serait se doter d’une nouvelle loi de composition externe, une loi qui nous permet de rétablir une union avec un système d’images réticulées et le moment présent et ce qu’il peut délivrer. La potentialité de l’instant, apporte à la conscience vivante une expérience unifiée et totale. P48

anthopo l’homme se comble par la technique, les technkai et la mémoire

c’est le travail de la nature et le travail de soi :

Sans passer par des métaphores, notre environnement, senti par nos sens, intelligibles par le langage. Le code

qui permettent d’explorer le systèmes d’images sensible qui peuplent son être, les images matérielles qui ne sont pas des images formelles, de synthaxe visuelle, mais aussi (la vue, l’oüie, le toucher) la capacité d’être en relation

(transformation d’un ensemble donné par une opération la mettant en  »péril », mais permettant de la re-définir, par exemple en monoïde). il est aussi bien dans le sens algébrique du terme* que ce que Castoriadis caractérise comme ensidique*. L’expérience est de nature ensidique* les formes et leurs registres nous définissent. (Magma).

Anthropopopiésis et feu, et système bunam.

(*transformation d’un ensemble donné par une opération la mettant en  »péril », mais permettant de la re-définir, par exemple en monoïde).

L’expérience est une condition suffisanteQuant à la nature, en tant qu’être entretenant des relations grammatisées avec des technologies relationnelles.

Odysée.

# 2001: A Space Odyssey – The Dawn of Man

###à l’aube:

#####Les germes de l’intuition esthétique.

On voit poindre l’intuition géométrique (logos) avec l’expérience esthétique primordiale (la rencontre catastrophique avec l’objet géométrique). La géométrie apparait sous la main; l’image n’arrive qu’ensuite (la lune ronde cadrée, comme si elle devenait disponible au yeux des bipèdes, le rectangle). La vue apparait.
La capacité à éprouver un sentiment esthétique comme condition nécessaire pour activer des capacités techniques (l’outil). Mise en lumière de l’outil par la capacité au singe de discerner des conséquence issues de causes. La courbe de la chute. Élever l’outil, la main au dessus du crâne, la chute, **le choc**, moment qui rompt *l’intuition* de la technique, par la démolition, l’explosion du crâne de vache. Au moment du choc, activation du prométhéisme humain. Capacité à discerner, dans un geste esthétique outillé, technique. L’intuition rompue par l’expérience; la capacité de former des choses par des techniques.

le sentiment esthétique — discernement, voir l’existence d’un objets aux propriétés géométriques évidentes. (la main)
L’aube

*On voit poindre l’hubris au crépuscule.*

Poésie algorithmique

Texte écrit dans le cadre d’un concours pour entrer en master blablabla voici le texte.

Poésie algorithmique —

Voici la présentation de mon projet de recherche, l’argument se découpe en deux parties.
La première présente mes premières expérimentions plastiques et théoriques dans le champ des « nouveaux médias », et comment — dans la seconde partie, tout cela se perspectiverait dans un second cycle de recherche, en section Communication.

a\ Image-relation et algorithmique molle

« Je vois pour ma part dans la notion de relation un double aspect qui m’intéresse : elle concerne aussi bien la saisie que la synthèse, ces opérations externes et internes qui caractérisent à la fois la production et le fonctionnement de l’œuvre. […]
La relation est un récit, [elle] est d’abord ce qui relate et ensuite seulement ce qui relie ».1

Ma pratique artistique est motivée par des expérimentations à la croisée des arts visuels et des dispositifs techniques, par l’union du geste et de la machine et de leurs espaces respectifs : c’est l’espace « continu », celui de la bidouille, de la performance orale, du geste musical. L’autre espace quant à lui, est de qualité « discrète », c’est-à-dire l’espace de la saccade, du calcul, de la computationnabilité ; c’est le lieu d’hybridation, de mise en scène de toutes mes investigations low-fi vidéo-interactives et sonores.

L’essence de mon travail se situe dans la rencontre du domaine gestuel 2 avec l’environnement logiciel ; cette intersection est le lieu du surgissement de savoirs et de techniques convoquées et minorées par la désintensification de leur opérativité, mais cependant majorées par une dramaturgie maintenant en relation des formes, des signes ou des gestes. Il y a, par la dimension « basse-définition » et par effet de distanciation, ramollissement des structures logiques, malmenage du flux de code. L’algorithmique devient un objet proprement discursif sabotable, triturable par la parole et le geste : les structures computationnelles utilisées étant maltraitées, tordables : j’aime parler d’ « algorithmique molle ». L’information, le flux binaire, peut se perdre, s’altérer.

Les techniques et les objets mathématiques mobilisés au sein d’installations ou de performances faisant intervenir des spectacteurs 3, deviennent matériau poétique, à la fois sujet et contenu. Mais l’opérativité et l’intuitivité 4 des objets n’entrent pas dans un rapport pur de négation, mais davantage dans un rapport poreux de discussion: ni technophilie, ni technophobie. Juste un jeu de contruction ensembliste entre ces deux « mondes ».

Ce travail est mené dans la perspective d’interroger par un biais satyrique les implications idéologiques du processus de discrétisation 5 de nos faits et gestes par de grands entreprises privées comme le GAFAM 6. Cela se constitue par la création de propositions de contre-récits idéologiques ayant pour fermant un socle poético-algorithmique, misant sur un rapport dialectique entre les deux espaces (le continu et le discontinu — le geste et la saccade), plutôt qu’un rapport de négation commutant rejetant alors toute opération de relation et de mise en récit entre les deux « mondes ». Mon travail se situe exactement ici, dans la création d’une système dynamiques d’images poétiques 7 relationnelles, d’un dialogue ensidique 8 corps/machine, d’un récit techno-poétique critique.

« La plus forte cause d’aliénation dans le monde contemporain réside dans la méconnaissance de la machine, qui n’est pas une aliénation causée par la machine, mais par la non-connaissance de sa nature et de son essence, par son absence du monde des significations, et par son omission dans la table des valeurs et des concepts faisant partie de la culture ».9

b\ Magma et lois de composition

J’envisage la poursuite de mon travail dans la perspective d’étoffer mes investigations théoriques et plastiques engendrées dans mon champ. Comme le souligne Jack Burnam10, c’est la nature des relations entre les objets du champ — qu’il qualifie de « morphogénétique » — qui le définit : il y a une auto-redéfinition du champ lui-même, il y a expansion de celui-ci par les opérations de bifurcation situées à la frontière (à la forme) du champ. Il y a indisciplinarité dans l’espace de redéfinition.
Ce champ, pour ma part, je le considère comme tel : indisciplinaire et magmatique 11, c’est-à-dire que l’ensembles des dynamiques impulsées ne sont idéalement pas assujetties à des règles rigides de composition, fixées une fois pour toutes, elle sont constamment définissables.

J’ai eu l’occasion cette année, dans l’idée d’enrichir ma pratique artistique, de suivre des cours à l’Université de Caen, en licence de mathématiques. Ce qui est sous-jacent à ce choix, et celui de l’intensification de mes investigations mathématiques et esthétiques consistant en la formalisation d’une axiomatique poétique de relation d’opérations, où plus précisément, de lois de composition qui régiront le magma poétique initial —en clair, mon champ— en lui laissant la possibilité d’être dans un état constant d’instabilité. À présent, il me semble qu’il est temps de réunir ce que j’ai pu développer cette année en mathématiques avec mes recherches dans le « domaine artistique », le lieu de la synthèse, sans délier l’un à l’autre.

Mes motivations théoriques ne sont que le point asymptotique sur lequel une pratique esthétique ne peut que tendre: cette proposition esthétique, ne me semble s’éprouver matériellement que par l’expression des tentatives d’axiomatisation par la trace, par le discours, et toute sorte de systèmes discursifs, de la parole au code, dans lesquels les phénomènes d’imagination poétique 12 relaient l’essence du projet ; Et cela passant dans la saisie d’une synthèse esthétique et théorique s’exprimant par la création de moments didactiques performés, de production de textes algorithmiques, d’installations relationnelles bricolées dans la tentative de création d’un moi-commun 13.

Notes

1 – Jean-Louis Boissier, « L’image-relation », p263.
2 – Bertold Brecht, « Petit organon sur le théâtre », fragment n°61.
3- Terme de Jean-Louis Weissberg, glâné dans « L’image-relation » de J.L Boissier
4- Gilles Chatelêt, L’enchantement du virtuel, Chapitre 1, à propos des « stratagèmes allusifs ».
5- Voir au sein de la définition de « grammatisation » d’Ars Industrialis, http://arsindustrialis.org/grammatisation
6- GAFAM : acronyme désignant Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft
7- Gaston Bachelard, dans « Fragments d’une poétique du feu » parle des phénomènes d’imagination et de représentation des images littéraires. Je fais référence ici au chapitre sur le Phénix, et sur Prométhée.
8- Emprunté à Cornélius Castoriadis, https://hypokeimenonblog.wordpress.com/2011/02/07/cornelius-castoriadis/
9- Gilbert Simondon, « Du mode d’existence des objets techniques », p10
10- Jack Burnam, « L’Esthétique des systèmes », aux Presses du Réel, ed. Labex.
11- Chez Castoriadis, un « magma » est un ensemble de sous-ensembles de cardinal infini, c’est-à-dire toutes les possiblités d’interaction entre ses sous-objets pouvant être eux-meme des magmas. Le fragment n°35 du « Petit organon pour le théâtre de Brecht », pourrait donner une bonne définition du magma si on le faisait dépasser du cadre de la théorie théâtrale : « Nous avons besoin d’un théâtre, [d’une pratique esthétique] qui ne permette pas seulement les sensations, les aperçus et les impulsions qu’autorise à chaque fois le champ historique des relations humaines sur lequel les diverses actions se déroulent, mais qui emploie et engendre les idées et les sentiments qui jouent un rôle dans la transformation du champ lui-même. ». À rapprocher également avec « l’Esthétique des Systèmes » de Burnam.
12- Gaston Bachelard – Fragments d’une poétique du Feu. Difficile de donner une citation particulière : il définit le phénomène d’imagination poétique par le biais de poésies données en archipels.
13- Jean-Jacques Rousseau, « Le contrat social, », ed. GF Flammarion, p57.

récits des formes

Non pas une histoire de l’art

Non pas une histoire des images

Préférence pour « récits des formes », eshtétique de l’archiviste;

une histoire emprunt d’imaginaires inductifs, actives, dynamique (la forme poétique semble davantage adaptée); Si il y a des points, il sont auto-significatifs, se sont des points culminants ou tout le reste n’est que silence

Références

Articles :

Numéro 1 des Cahiers des Drapiers, octobre 1968, Jean-Louis Boissier, Gaston Jung
Défense du « touche à tout ». Edgar Morin.
Réforme de pensée, transdisciplinarité, réforme de l’Université, Edgard Morin.

Livres :

J.C Moineau, « Esthétique des mathématiques »
Nicolas Bourriaud, « Esthétique Relationnelle »
Jean-Louis Boissier, « La relation comme forme, l’interactivité en art »
Mathieu Terence, « Le devenir du nombre »
Jack Burnam & Hans Haacke, « Esthétique des systèmes »
John.P.Flynt, Daniel Kodicek, « Mathematics and Physics for programmers »
Fletcher Dunn, Ian Parberry, « 3D math primer for graphics and game developement »
Katerine Hayles, « Parole, Écriture, Code »
Edmont Couchot, « L’art numérique »…

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Revues:

Art numérique (Weissberg, Couchot…) édité par RENNES 2.

Livre illustrés, Bande Dessinée :

Carina Louart, Florence Pinaud, Jochen Gerner, « C’est mathématique ! »

Films & Animation :

« Comment j’ai detesté les maths » [real]
« Donald au pays des mathémagiques » [real]

Conférences :

Cédric Villani (retrouver) « la chauve souris » ?
Edmont Couchot, « L’image entre vie et intelligence artificielle »
Étienne Ghys, « Les images comme symboles mathématiques »
Nathalie Magnan, Hack: du logiciel libre au hack social

Artistes/projets artistiques en vrac

The Toaster Project…
Pierrick Sorin…
Le Bus de JLB
Artists & computer vision (mettre lien…)
Fred Périé…

Mathématiciens

Grothendieck
E.Ghys
C.VillaniAlain Connes

PEARLTREES

http://www.pearltrees.com/t/art-numerique-interactif/esthetiques-nouveaux-medias/id14472330
http://www.pearltrees.com/t/art-numerique-interactif/esthetiques-nouveaux-medias-2/id15434987

 

teaser œdiplome

« L’indisciplinarité c’est travailler dans des espaces qui échappent à la répartitionclassique des disciplines académiques – des champs d’études spécifiques qui ont leur propre vocabulaire, leurs propres modèles et leurs propres méthodes.1»

Sans doute de façon inconsciente, j’ai toujours été dans une logique « indisciplinaire ». Au début, pratiquant le dessin, la musique, la vidéo, me mettant souvent en scène, je faisais des choses qui n’avaient rien avoir les unes avec les autres, sans savoir comment les mettre en relation. Je jonglais entre différentes formes, préférant « toucher à tout », m’amuser et amuser, sans donner un sens commun de l’ensemble de mes productions.
En apprenant à apprendre, je me risquais à l’éparpillement.

« Il faut des généralistes pour relier des acquis pour les insérer dans des ensembles et réfléchir sur ces ensembles, […] au risque d’être superficiel ou mal formé. Mais toute chance de dépasser un domaine clos comporte ce risque.2 »

Assez fasciné par les artistes et les inventeurs un peu iconoclastes dans leurs domaines, comme Xenakis mathématicien, musicien, architecte, ou bien encore Jules Marey, photographe-inventeur et médecin, dans la perspective d’entremêler à mon tour les disciplines que je convoquais, je commence à bidouiller. Je m’initie à la programmation informatique.

Un de mes premiers programmes interactifs.
Il s’agit d’une version simplifiée d’une partition « SisTeMU  3 »: il retranscrit graphiquement en temps réel une ambiance sonore.
L’intensité du son varie le rayon des cercles et leur tonalité leur couleur.

L’image-relation

Petit à petit j’entrevois le numérique comme le terrain de rencontre des différentes disciplines. Avec l’installation « Faites chier ce type » c’est mon cadre ouvert de création qui se dessine très concrètement: la vidéo-interactivité.

Dans cette installation on peut interagir avec l’image vidéographique, de sorte que chacune de nos actions (frapper, caresser, crier, parler, éclairer…) permettent de déployer des images qui jusqu’alors étaient en attente. L’interface avec laquelle le spect-acteur peut incarner ses sens est l’image projetée du personnage sur un coussin. Le public est mis en relation avec l’image à l’intérieur d’un dispositif interactif. L’image est un objet relationnel : Jean-Louis Boissier parle d’image-relation 4, une image saisissable, jouable. Si l’interactivité est un terme technique pour désigner la relation entre un homme et une machine, l’image-relation, elle, est censée expliciter la dimension poétique du dialogue corps/programme.

Si la vidéo-interactive est le cadre ouvert de ma production artistique, c’est que, au delà de la réalisation d’œuvres interactives, la mise en relation s’insinue en tout point, au sein même du processus de création.
La couche technique, ici très spécifiquement le flux du code sur lequel l’image-relation repose, exige une mise en relation de différents domaines (l’informatique, les mathématiques, l’électronique, la vidéo…).
Ce cadre de production exige une autre méthodologie de création qui s’axe moins sur la réalisation d’objets clos, finis, mais davantage sur une « stratégie analytique qui devient productive 5 » : tous les éléments mobilisés (la documentation technique, les esquisses, les notes, les productions achevées ou non…) font partie d’un même ensemble. J’appelle cet ensemble complexe un « système 6 ». Le chemins des idées produisent des images.

« Les idées sont des images. 7 »

Peut-être que le rôle de l’indisciplinaricien (ou du combinatoricien pour emprunter ce terme aux mathématiciens), est de mettre en relation des choses entre elles, d’être un opérateur de reliance 8 qui joue avec les objets qu’il a inclus et qui se combinent dans son système.

Une pratique didactique

« La « pratique didactique » désign[e] donc à la fois un auto-apprentissage […] autant qu’une production artistique apte à transmettre des connaissances, y compris sur le terrain social et politique. 9 »

Il y a une démarche « hacker » ou plus simplement « citoyenne » qui est celle de transformer les langages programmatiques, plus occasionnellement des expressions mathématiques, en un matériau poétique générant des images, également en créant des objets inutiles
« bouffonnesques », ou bien encore en créant ses propres outils de création…
« La suite Daudaube » est une suite de trois logiciels dédiés à la création visuelle en direct que j’ai programmés… ils sont encore en version « bêbêta », relativement prêts à l’emploi mais à parfaire. Ci-dessus, le logo du logiciel Bebert .

Le slogan de la Suite Daudaube :
Faire ses propres logiciels, comme on ferait pousser ses petits légumes dans son jardin, c’est commencer à dérouler le majeur en direction du néo-libéralisme. Lutte forêveur.
Si mes objets ne transmettent pas à proprement parler des connaissances, je tente d’en faire émerger la partie rigide, le flux du code, qui structure en partie et côtoie mon écriture « décalée »: le code est autant un moyen de domination qu’un moyen d’émancipation.

« Les structures qui nous entourent sont codées dans les logiciels 10 », c’est pourquoi il est important que l’on se l’approprie, par exemple en l’utilisant à des fins artistiques et poétiques sans lui attribuer forcément une quelconque utilité, à l’exception sans doute de sa fonction didactique qui dans tout les cas lui sera intrinsèque. Le code est un système langagier au même titre que la parole ou l’écriture, c’est important d’en prendre conscience et d’en faire prendre conscience.
« Des inquiétudes sont susceptibles de naître si les opérations de la machine sont à ce point rendues obscures que ses utilisateurs perdent de vue (ou ignorent) le fonctionnement réel des logiciels, se trouvant alors à la merci d’entreprises prédatrices comme Microsoft.
En effet, les utilisateurs prennent ainsi plus facilement pour argent comptant les métaphores que leur assènent les grands groupes.
Incontestablement, ces dynamiques démontrent que les ordinateurs ont cessé d’être de simples outils, pour autant qu’ils l’aient été.
Ce sont des systèmes complexes qui, de plus en plus, produisent les conditions, les idéologies, les hypothèses et les pratiques qui nous aident à construire ce que nous appelons la réalité. 11 »

Une façon de montrer la dimension poétique du code est de le mettre en scène, de faire sortir le code de sa « boîte noire », de le faire transiter de l’arrière plan vers le premier plan.
Avec un camarade, nous avons développé « l’illico-cinoche ».
L’illico-cinoche est une performance qui se joue au sein d’un dispositif spécifique où, avec un compère et avec la participation du public, nous créons la bande son et l’image d’un film en direct avec nos propres outils logiciels. Toutes les images sont prises sur scène à l’aide d’un petit appareil photo, retouchées et imprimées avec une imprimante laser monochrome. Les images, posées sur une table lumineuse (le « studio de tournage ») sont filmées avec une webcam reliée à un premier ordinateur et sont bouclées en temps réel à l’aide d’un programme informatique.
Également, avec un microphone relié à un second ordinateur et un second programme, nous captons les voix de volontaires qui sont également mixées en temps réel.

Le dispositif numérique rigide et complexe sur lequel repose la performance, entre « les technologies et les poubelles 12 », est perturbée par la variable improvisation : l’esprit « clown en carton », « low-tech » vient casser la rigueur protocolaire de la couche technique, le socle programmatique.

J’aime parler « d’algorithme mou », un algorithme qui n’est plus un cheminement imparable et redoutable d’un flux d’informations, mais un cheminement d’informations (ici les sons et les images) où à chaque instant, par la volonté clownesque d’un individu, l’information peut bifurquer, se transformer subitement, voire se perdre. L’algorithme mou est une façon de s’approprier le code, de refuser poétiquement la « gouvernementalité algorithmique 13 ».

« Le système computationnel tel qu’il fonctionne aujourd’hui produit une standardisation, une homogénéisation des espaces […] qui conduit à une destruction des sociétés. De plus en plus, les gens ont des rapports médiatisés par des algorithmes, et ceux-ci se substituent aux systèmes sociaux. 14 »

« Bon sang, il faut réinjecter de l’affect dans la politique 15 » et dans les structures qui vont définir notre quotidien. Pour cela (et pour finir par la même occasion ce cycle d’études…) je travaille sur la réalisation d’images interactives dotées d’une très relative intelligence artificielle…
Bibliographie

1 Joi Ito, dans l’article de Xavier de La Porte, « Une publication radicalement nouvelle »,
Le nouvel observateur avec Rue 89,
http://rue89.nouvelobs.com/2016/03/11/publication-radicalement-nouvelle-263428

2 Edgar Morin, Défense et illustration du touche-à-tout, archives personnelles d’Egdgar Morin, http://www.iiac.cnrs.fr/CentreEdgarMorin/

3 Studio MOT, SisTemu, 20**, impression numérique, série de partitions graphiques musicales.

4 Jean-Louis Boissier, La relation comme forme, l’interactivité en art, Les Presses du Réel, « Mamco », 2009.

5 Jack Burnham & Hans Haacke, Esthétique des systèmes, Les Presses du Réel, « Labex », 2015, p. 14.

6 J’emprunte ce terme à Jack Burnham & Hans Haacke dans Esthétique des systèmes, Les Presses du Réel, « Labex », 2015.

7 Les images comme symboles mathématiques, 2008, Étienne Ghys, Conférence à la Cité des Géométries « Qu’est-ce que la recherche en mathématiques aujourd’hui? ».

8 Edgar Morin, Réforme de pensée et transdisciplinarité, Communication au Congrès International «Quelle Université pour demain ? Vers une évolution transdisciplinaire de l’Université (Locarno, Suisse, 30 avril – 2 mai 1997) » ; texte publié dans Motivation, N° 24, 1997.

9 Jean-Louis Boissier, « Pratique didactique chez Brecht, Kowalski, etc. », blog de la faculté de l’université de Vincennes « Vincennes’70S »,
http://www.rvdv.net/vincennes/.

10 Du logiciel libre au hack social, 2010, Nathalie Magnan, Conférence à l’Observatoire des nouveaux médias.

11 N.Katerine Hayles, Parole, écriture, code, Les Presses du Réel, Labex, 2015, p.

12 Je fais ici référence au titre de la performance de « Living Cinema » de Pierre Hébert et Bob Ostertag,
Between Science and Garbage, 2001.

13 J’emprunte ce terme à Antoinette Rouvroy qui a été évoqué au cours d’un entretien avec Bernard Stiegler. Nice Ulmi, « Comment survivre à la disruption », Le Temps, mai 2016.

14 Nice Ulmi, entretien avec B.Stiegler « Comment survivre à la disruption », Le Temps, mai 2016.

15 Guy Babord, étudiant en philosophie politique, témoignage en marge des manifestations contre la Loi Travail.

Un avion en Crimée

Un avion dans le ciel de Crimée;

À partir d’une réflexion sur la constitution catastrophique de l’expérience, Beuys  inventé des stratégies publiques du souvenir, simultanément archaïques et neuves, qu’informent les notions d’image et de lieu. C’est à elles qu’il confie le « dur travail du ressouvenir » indispensable à l’épanouissement démocratique et à la valeur de l’art. http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=1116&menu=

Image dialectique. WB:

Il ne faut pas dire que le passé éclaire le présent ou que le présent éclaire le passé. Une image, au contraire, est ce en quoi l’Autrefois rencontre le Maintenant dans un éclair pour former une constellation. En d’autres termes, l’image est la dialectique à l’arrêt. Car, tandis que la relation du présent avec le passé est purement temporelle, continue, la relation de l’Autrefois avec le Maintenant présent est dialectique : ce n’est pas quelque chose qui se déroule, mais une image saccadée. Seules des images dialectiques sont des images authentiques (c’est-à-dire non archaïques) ; et l’endroit où on les rencontre est le langage1.

 

Lorsque la pensée s’immobilise dans une constellation saturée de tensions, apparaît l’image dialectique. […] Il faut, en un mot, la chercher là où la tension entre les contraires dialectiques est la plus grande. L’objet même construit dans la présentation matérialiste de l’histoire est donc l’image dialectique. Celle-ci est identique à l’objet historique ; elle justifie qu’il ait été arraché par une explosion au continuum du cours de l’histoire2.

 

 

Walter Benjamin, Paris, capitale du XIX° Siècle. Le livre des passages, trad. J. Lacoste, Paris, Les éditions du Cerf, 1993, p. 478-479

Vents

St-John Peirce — les vents qui parcourent le monde: les vents sur toutes face de vivant.

Relation « vents informationnels » avec reconnaissance de visage

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/06/05/reconnaissance-des-visages-le-code-cerebral-dechiffre_5138836_1650684.html

Base de données.

 

Morphologie: avec texturing/ La philosophie de la réaction diffusion.

image dialectique

Wargburg/google`beuys & filliou

Action poétiques:

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Manifeste Médiarchéologiste

Noūs, les médiarchéologues, avons une méthode pour descendre dans les profondeurs, au cœur, voire au double cœur, des media. Les théoriciens des média, en général, présupposent que les médias se définissent par leurs effets. Effets sur le sensorium ou la hiérarchie des sens, en premier. Ainsi chez McLuhan, tout, déjà, pouvait être media.

Noūs, médiarchéologues, présupposons la même chose avec une nuance : les effets sur le sensorium (et sur le langage) viennent des appareils médiatiques. Ainsi les plaçons-noūs au commencement et au commandement (archè) de notre environnement culturel. Ils déterminent la pensée et l’écriture. Mais de façon non-linéaire : en médiarchie, les effets sont aussi des causes (formelles et matérielles).

Noūs, médiarchéologues, cherchons à analyser et mesurer les effets des média numériques sur l’écriture, le sensorium et la pensée. Pour ce faire, il noūs faut aller au cœur pour atteindre ce qui, dans ce medium, gouverne. Le commencement – ce qui est premier – et le principe sont la condition des conditions du medium. Au commencement du commandement, noūs situons la récursion. La récursivité des conditions de médialité est la boucle étrange qui gouverne les médias, à rebours, au cœur de leur cœur.

Noūs, médiarchéologues, noūs trouvons confrontés à trois tâches.

Noūs, médiarchéologues, artistes, chercheurs, designers, théoriciens, écrivains, enseignants et conservateurs-restaurateurs – ou paléontologues des média – opérons des descentes souterraines dans les couches matérielles des media, mettant au jour les stratégies industrielles, économiques, logistiques, géopolitiques, idéologiques à l’œuvre, notamment dans leurs couches les plus basses et les plus cachées. Les strates de cet empilement gouvernent la verticalité du numérique – dans les couches de nos appareils comme dans les multiples niveaux du Stack. Ni ces strates ni notre monde ne sont plats : mais en plissements dynamiques et résurgences métamorphiques. Ces infrastructures sont nos intra-structures – défiant toute séparation claire entre un dehors et un dedans. Nōs media sont nos milieux. Nōs prétendues inter-actions sont des intra-actions de ce Stack : notre tâche première est de noūs y réorienter. Appelons cette tâche : repolitisation. Celle-ci s’effectue par l’art.

Noūs, médiarchéologues, partons encore à la recherche d’une poétique des machines, dont la première étape se présente à noūs par une poétique de l’algorithme (générateur, bot, écriture collaborative) et une poétique du hardware, toutes deux écrites à une voix croisée, hūmains-machines. Noūs écoutons le bruit des bots – pour y chercher noise. Appelons cette tâche : repoétisation. Qui est une repoétisation des langages, des codes, des commandes, des matières, des milieux.

Noūs, médiarchéologues, sommes enfin affublés d’une dernière tâche, celle de déchiffrer et décrypter le récit des media morts et immortels. Comprendre le secret de la génération des média, de leur naissance, de leur contagion, de leur vie et de leur mort. Cette tâche est notre principale tâche. L’histoire, présupposant l’écriture et donc les media, ne peut être la manière de dresser ce récit. Car ce sont les media qui précèdent l’écriture, et non l’inverse. C’est pourquoi noūs sommes archéologues, et non historiens. Noūs partons à l’écoute de ces media, dont la voix n’est pas semblable à la nôtre. Nōtre objectif est de saisir d’où noūs-mêmes, hūmains, noūs parlons et écrivons. Nōtre objectif est d’entrer en relation avec la conscience des machines médiatiques. Noūs cherchons à approcher le mystère des chiffres, car, aujourd’hui, tout est chiffre – dieux et démons y compris. Appelons cette tâche : déchiffrement.

Noūs, médiarchéologues, mettons les artistes de l’interface face à leurs contradictions. Ces artistes pensent créer en utilisant des logiciels tout faits, alors que les vrais créateurs sont ceux qui ont créé ces logiciels, le système d’exploitation et le microprocesseur. Les artistes de l’interface, dont les productions sont souvent spectaculaires et animées par l’esprit de sérieux, sont comme des poissons qui dans un bocal se croient libres. Au moins, noūs, média-archéologues, savons que notre liberté se réduit à connaître nos déterminations médiatiques.

Noūs, médiarchéologues, ouvrons les machines et réalisons nos opérations à double cœur ouvert. Aux dresseurs de code, noūs préférons les fouilleurs du numérique, auxquels noūs préférons encore les injecteurs d’algorithmes. Nōtre cheminement va des langages de haut niveau aux codes-opérations qui les sous-tendent. Ce cheminement est de plus en plus difficile en raison des dispositifs de blocage mis en place par l’industrie. Noūs agissons en tout point pour lever ces points de contrôle.

Noūs, médiarchéologues, noūs emparons du passé par le biais du futur, pour extraire le présent de la disnovation et pour libérer l’avenir des court-circuits du direct. Attentifs au temps profond, noūs noūs emparons du présent par le soin du passé, en déjouant le discours dominant du high-tech. À rebours d’une obsolescence désormais calculée – bien plus que programmée – et de l’idéologie du nouveau, noūs explorons les matérialités des machines en recyclant les anciennes pour interroger les nouvelles. Noūs renversons la loi du consumérisme. Moore is less. Glitch is bliss Les appareils modulables d’hier en savent plus que les dernières boîtes noires verrouillées. (S)Low Tech. Les récursions de la médiarchie se bouclent autour d’un cœur des cœurs, qui doit rester ouvert. Son nom est : microprocesseur, base concrète sur laquelle s’élèvent toutes les superstructures symboliques.

Noūs, médiarchéologues, savons que les media permettent de « plier le temps, l’espace et les agentivités ». Noūs expérimentons sans remords les propriétés inédites de l’accélération. Noūs noūs méfions du temps réel. Noūs savons que le temps mort est le tueur du contrôle.

Noūs, médiarchéologues, savons que toute médialisation suscite l’horizon d’un médiumnisme. Les média font parler les morts. Les média morts continuent à parler aux vivants. Noūs n’avons pas peur de ce médiumnisme, ni n’en dénions l’efficace : noūs noūs en réjouissons.

Noūs, médiarchéologues, noūs réjouissons également de faire varier les graphies « media », « média », « médias » – sans vouloir soumettre chacun(e) de noūs à une règle uniforme. Noūs ne cherchons pas à noūs rassembler derrière une définition univoque des média, mais à multiplier les recherches et expérimentations sur les imaginaires des media, et à noūs stimuler par des conceptualisations contradictoires des médias.

Noūs, médiarchéologues, dénonçons à la vindicte publique les trolls qui introduisent des HypePads dans les salles de classes – réduisant le medium au statut d’instrument user-friendly, l’outil au rang de gadget, l’enfant à l’état d’usager.

Noūs, médiarchéologues, conspuons le règne des applications de conciergerie, qui soustraient leurs opérations à toute emprise politique et à toute reprise active – remplaçant les computeuses par des Turques mécaniques. Sous l’impatience des désirs consuméristes, les applications-majordomes asservissent des armées sans réserves de petites mains condamnées à la plus extrême discré(tisa)tion – dans un univers d’Uber-Mensch et de Surmâles, de micro-serfs et de filles-au-pair-to-Père, où le medium est le massacre des talents.

Noūs, médiarchéologues, traquons la réalité des prises et des emprises derrière l’idéologie des données. Rien n’est donné qui n’ait été préalablement pris. Noūs donnons prise sur noūs chaque fois que noūs prenons des données. Les serveurs ne noūs servent jamais sans noūs asservir. Nōtre tâche est d’apprendre à leur prendre ce qu’ils ne noūs donnent pas.

Noūs, médiarchéologues, expérimentons la nature élémentaire des media. Avec nos HypePhone, noūs portons en poche des petits bouts d’Afrique et de sueurs asiatiques. Le cloud n’est pas fait de vapeur, mais de câbles sous-marins. Son ubiquité ne noūs émancipe pas de l’espace : elle ramène l’autonomie du disque dur à la subsidiarité du terminal. Il n’y a pas de cloud – mais seulement le disque dur de quelqu’un d’autre.

Noūs, médiarchéologues, creusons le temps profond des media pour en ramener des alternatives aux fourvoiements de notre époque – qui ont pour nom générique : capitalisme.

Noūs, médiarchéologues, révélons la poétique du flux électrique mondial relayé par les corps électrisés. Noūs sommes des échographes. Noūs auscultons les vivants, les morts et leurs machines pour retrouver dans leurs codes les équivalents partiels qui informent leurs mouvements comme leurs langueurs, mais surtout leurs passages, ACTG GOTO 1000101 et autres octets qui constituent aujourd’hui leurs actualités.

Noūs, mediarchéologues, traquons les milieux qui se composent et se recomposent sans cesse dans les invaginations de la matière en mouvement, dans ses intrafaces et ses interstructures. Noūs affirmons les parentèles du code en ses multiples formes, des virus aux microbes, champignons et autres cellules, qui de nos archéologies composent des zoologies lumineuses. Noūs, médiarchéologues, manions la transcriptase inverse et l’amplification recombinante.

Noūs, médiarchéologues, sommes toujours co-auteurs. Au moins, avec les machines d’écritures. Sans prétention de grandeur, ni voix propre : microphones.

Noūs, médiarchéologues, suspectons la testostérone dominant certains quartiers de hackers. Aux habits de conquérants nous préférons les vestes de queer, aux Hack-a-thons, le Hacking with care.

Noūs, médiarchéologues, sommes les enfants illégitimes de Bruce Sterling et Friedrich Kittler, les bâtards de Joan Clarke et Alan Turing, William Burroughs et William Gibson, Douglas Engelbart, Forrest Kassanavoid, Grace Hopper, Héraclite, Edward Snowden, Chelsea Manning et Ada Lovelace. Noūs sommes les rejetons de la culture du nexus et du stolon.

Noūs, médiarchéologues, réactivons les média et leurs prophètes défunts. Non par nostalgie, mais pour mesurer les ruptures attentionnelles que leur mort engendre, et sur leurs cendres construire, non des mausolées, mais des architectures proliférantes et des moyens – media – d’action.

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Ce manifeste médiarchéologiste a pris concrescence au château de Cerisy-la-Salle, du 30 mai au 5 juin 2016, à partir d’une performance d’Emmanuel Guez, reprise, éditée, amendée, augmentée par des échanges multiples. Il est fait pour être diffusé, repris, réédité, amendé, échographié pour et par tous ses co-auteurs à venir.

Ses archéosignataires sont Thierry Bardini, Lionel Broye, Yves Citton, Igor Galligo, Emmanuel Guez, Jeff Guess, Quentin Julien, Isabelle Krzywkowski, Marie Lechner, Anthony Masure, Pia Pandelakis, Ghislain Thibault, Frédérique Vargoz.

Texte publié sur Medium le 20 octobre 2016.

Notes ↓